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Monique Ruffié, « les histoires finissent mal en général »

Le 2e roman de Monique Ruffié est paru en automne 2020 sur les Presses Littéraires, un éditeur de Saint-Estève (66). Nous avons eu envie d’en savoir plus sur cette auteure, professeure honoraire de l’Éducation nationale, membre de la Mission universitaire française en Uruguay mais aussi DG de France-Québec à Paris. Férue de poésie, elle a été distinguée par le 1er Prix de l’Académie des livres de Toulouse en 2019 pour son recueil de haïkus. Elle a aussi écrit des biographies d’artistes et des contes pour enfants. On la retrouve ici dans une histoire d’amour toxique façon polar.

Qu’est-ce qui vous a incité à changer de cap et, à présent, écrire des romans ?

La poésie représente pour moi le fleuron de la littérature mais je n’ai jamais boudé la prose pour autant. D’ailleurs, le sujet de mon certificat d’études supérieures (obligatoire pour obtenir la maîtrise ès-Lettres) portait sur « La technique romanesque ». Voici quelques années, j’ai en effet franchi le cap, histoire d’accomplir un désir demeuré en moi à l’état latent.

Votre roman suit une jeune fille qui vit des histoires d’amours contrariées, teintées d’érotisme sur fonds de trafic de drogues, entre l’Uruguay et Toulouse…

Dans Un cœur en enfer, j’ai voulu suivre la toute première relation sentimentale d’une adolescente, depuis l’éveil des sentiments jusqu’à l’union charnelle. Une quête renouvelée avec d’autres personnages troubles et souvent ambivalents. Suzanne répond a des coups de cœur et réalise mais un peu tard la nocivité du partenaire. N’est-ce pas là ce qui caractérise les expériences amoureuses ? On peut aussi très bien tomber ! Ce qui m’a intéressée, c’était de voir comment une rencontre peut influencer, voire changer le destin d’une vie. En permanence sur le fil, de quel côté mon héroïne va-t-elle basculer ? Va-t-elle mal tourner ? Saura-t-elle conserver son libre-arbitre ?

Par moments, on se croirait dans un polar marseillais ! C’est chaud comme ça à Toulouse ?

C’est une métropole bien pourvue en universités, grandes écoles ou établissements de recherche, qui attirent une population jeune dotée d’un fort potentiel intellectuel. Mais, pas que… La Ville Rose a aussi ses zones de non-droit où règnent dealers et autres petits caïds, eux-mêmes « protégés » par des barons qui contrôlent les réseaux de stupéfiants. Un monde très organisé, donc, oui c’est parfois très chaud à Toulouse.

Durant le 1er confinement, avez-vous mis à profit ce temps long pour de nouvelles idées créatrices ?

Ce fut un temps d’immobilité. Lecture, télé entre des moments consacrés à l’écriture. J’en ai profité pour peaufiner mon roman et, comme prévu par mon éditeur, le livre est sorti sans problème pour la rentrée littéraire de septembre.

Propos recueillis par Patricia Bussy

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