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WAX TAILOR AND THE PHONOVISIONS SYMPHONIC ORCHESTRA – CORUM, MONTPELLIER LE 13/05/2014

20:15 arrivée dans l’enceinte du Corum, un peu en retard certes, mais depuis quand les concerts commencent à l’heure ?! Je me précipite vers l’entrée de la salle Berlioz pour assiéger ma place. La salle est déjà plongée dans le noir et les ouvreuses sont assaillies par les retardataires, je décide alors de sortir ma madlight pour trouver mon chemin toute seule. Mais comme je ne sus pas ouvreuse au Corum bah, je trouve pas ma place ! Je me fais finalement aiguiller par la préposée au placement et me retrouve dans un balcon latéral, ce qui fait émerger en moi un sentiment de découverte, car je n’ai jamais, ô grand jamais, occupé cet emplacement qui se caractérise par une seule ligne de ces fauteuils somme toute très confortable, en plus y a un beau muret tout de marbre revêtu pour poser les affaires, wonderful ! Let the show begin…L’idée de voir une prestation symphonique bien qu’émanant de la scène électro-hiphop, dans une salle dont la programmation est essentiellement classique me laissait penser que ce serait ma foi assez pépère, mais loin de moi l’idée de supputer un ennui relatif de ce moment culturel. Et bien que nenni ! On parle bien de show, quasi à la ricaine, à ma grande stupéfaction ! C’est vrai, je n’en attendais pas tant !

Pourtant, le teaser l’annonçait :  + de 40 musiciens,  17 choristes, 1 scénographie interactive… Mais là c’est surprenant de puissance, tellement que je ne sais par où commencer pour vous en parler… Ça en fait du monde sur scène ; entre les choristes, les violons, violoncelles, vents, cuivres, percussions, chef d’orchestre bien sûr et Dj re-bien sûr. Aaaahhh c’est ça que ça voulait dire le « symphonic orchestra » à côté du patronyme de la star… ?!

Et bam ! ça bombarde dans ta face !! le son est vraiment énorme, la dimension orchestrale majestueuse et le mélange électro-trip-hip hop délicieusement délayé sur fond visuel fascinant, presque hypnotisant. Chaque clip est un court-métrage tellement léché (qu’il est tout propre ? non !) qu’on se croirait à un festival de film d’animation. Les projections sont diffusées sur l’arrière-plan de la scène ainsi que sur un autre écran sous les platines du Dj, lequel n’est pas une simple réplique des visuels mais joue en interaction avec le fond. Bref, on en prend plein les mirettes et WT nous embarque dans un univers cinématographique où l’esprit est invité à divaguer, on ne s’ennuie pas une seconde. Après les premiers morceaux plutôt calmes où la lumière est portée sur l’orchestre – et quel plaisir d’entendre le thème de la Chanson de Solveig de Peer Gynt (composée par Edvard Grieg) joué par les premiers violons, ça me donne des frissons et je me dis que ça fait longtemps que je ne me suis pas allée à un concert classiques (peut-être sera-ce l’objet de ma prochaine chronique tiens !) – l’ensemble prend un tournant décisif et la section cuivre nous balance un son funky qui étonne mais ne détonne ! Sur ce, les interventions extérieures au groupe originel (« featurings » pour faire court) s’enchaînent ; le Dj ne se contente pas de diffuser les enregistrements des guests (comme ça se fait souvent), ils sont dans la place et ça change tout.

 
La première à ouvrir le bal des invités est la charmante Charlotte Savary, chanteuse à la voix claire et au costume singulier. Elle a un look à la Fantomette, toute vêtue de noir, revêtant une cape dont on présume les pouvoirs magiques et des bottines qui attirent tout de suite mon attention, elle sont noir à haut talons avec un éclair rouge sur le côté, j’adore ! Je suppose que vous vous en foutez, mais elles ont un magnétisme impactante (sur moi…). Je vais essayer de la choper à la sortie pour lui demander where the hell elle les a trouvées ?! Au-delà de ces considérations esthétiques vestimentaires, la chanteuse apporte une touche pétillante supplémentaire à cet univers singulier.

Puis succède Mattic, le MC américain au style hiphop oldschool 90’s que j’affectionne particulièrement et qui donne un groove qui me fait encore plus kiffer cette soirée ; suivent 2 MCs de ASM (A State of Mind – hiphop anglais), Green-T and FP, qui animent la scène et allument le feu, les machines à fumée fonctionnent à pleins poumons, les éclairages mettent l’ambiance, le public crie et siffle à tout va, on est chaaaauuuud !!! Mais ça ne suffit pas au Master, qui provoque le public en le charriant sur sa passivité et convie la salle à décoller ses brioches et à gambiller. C’est la première fois que je vois le Corum plein à craquer et la première fois que je suis témoin d’un mouvement de 2000 spectateurs en même temps, c’est impressionnant et je me dis que ça a dû faire appel d’air ^^ !

Le concert se termine sur une note douce mais mélancolique avec Am I free, dédicacé à Nelson Mandela et titre sur lequel des images évoquant les combattants de la liberté défilent et qui nous rappellent à la triste réalité de notre société…

WT a bel et bien relevé le pari de la relecture de ses albums en version symphonique, c’est renversant de grandeur et je conseille à quiconque qui aurait l’occasion d’y assister de foncer pour le voir. Un grand moment.

AP.

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