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THEATRE LES 13 VENTS – Présentation de saison 2020-2021

 

Vendredi 18 septembre dernier. Ce fut avec pas mal d’émotions, d’humour et beaucoup d’espoir (en des jours meilleurs) que l’équipe a retrouvé son public. Pas pour danser ni se parler de trop près mais pour échanger à jauge réduite, pour rêver de la nouvelle saison du centre dramatique national avec l’annonce de toutes ses œuvres et ses artistes invités.

 

 

Ce soir-là, pour ce rendez-vous annuel un peu spécial, le théâtre voulait mettre les petits plats dans les grands. En plus d’une présentation originale, d’une lecture de l’auteur Alain Behar, les organisateurs nous auraient bien offert un repas convivial. Malheureusement, ça n’a pas été possible, respect des règles sanitaires oblige ; des mesures de précaution strictes doivent s’appliquer pour que la salle reste ouverte.

C’est Olivier Saccomano, le co-directeur des 13 vents, qui lance la séance avec des mots forts de circonstance : « On va démarrer la soirée par un acte de théâtre, qui est aussi un acte d’écriture parce que, comme me le disait quelqu’un dehors, ’  Ça fait longtemps’’ ! Donc, on souhaitait d’abord renouer avec ce qui fait notre métier, ce qui fait que l’on est ensemble, là, ce soir. »

Nathalie Garraud, la metteure en scène, qui codirige le CDN de Montpellier, prend la parole à son tour. Elle se souvient : « La première saison quand on a commencé ici, on a invité Maguy Marin, une artiste très importante pour nous. Le mois se nommait Tenir bon. Du coup, on voulait vous dire que dans la période que nous traversons, que nous continuons à traverser, dans

Le portable d’Olivier S. sonne.

… T’as pas coupé ton téléphone ?!

Ceci est écrit, c’est un sketch ! À ce moment, je me lève, je sors, j’éteins mon téléphone et je reviens.

En plus, c’était un peu solennel ce que je voulais dire… c’est nul, bon… oui, tenir bon. Dans cette période, où l’on a entendu beaucoup de choses et notamment une chose assez terrible du point de vue de l’art. On nous demande de nous adapter ou de nous réinventer, ce qui est une autre forme de le dire. Mais nous, ce qui nous a tenus, c’est la volonté de poursuivre nos missions, de garder un certain nombre de principes. On est venus ici avec l’idée que les choses ne pouvaient pas continuer au même rythme que lorsque nous étions avec une compagnie. Dans ce lieu, il fallait essayer une expérience qui s’appuierait sur d’autres temporalités, d’autres durées, d’autres rapports avec les artistes. C’est le projet que vous connaissez actuellement : on accueille chaque mois une ou deux équipes artistiques. On fait en sorte qu’elles restent le plus longtemps.

Pour cette 3e saison, ces derniers mois, avec des artistes de tout le territoire, le fait de modifier les pièces mais aussi la manière de créer, de se parler, c’est aussi ça qui nous a guidés. De fait, les artistes invités sont des gens avec qui on avait déjà commencé un dialogue pour que, dans leurs agendas de tournée, parfois complexes, mobiles, ils arrivent à dégager deux ou semaines pour venir ici et présenter au 13 vents 1, 2, 3 parfois 5 pièces. Les missions d’un théâtre subventionné, d’autant plus vitales à partager aujourd’hui, ce sont la création, l’aide à la création, à la production. Dans cette saison, c’est la première fois que l’on y arrive. Des 21 pièces que l’on présente au théâtre et en itinérance, 19 sont produites ou coproduites par le 13 vents, elles sont répétées ici, écrites ici pour certaines. Dans cette période, ce théâtre financé par de l’argent public a tenu bon précisément parce qu’il est soutenu par le Ministère de la Culture, la Drac et la Région Occitanie, la Métropole de Montpellier, le Département de l’Hérault. On peut tous les remercier d’avoir tenu les engagements qui étaient les leurs pour qu’un théâtre public puisse continuer à exister et à accueillir du public. Même si, aujourd’hui, on a une salle très clairsemée, aujourd’hui, on a l’autorisation d’accueillir la moitié des spectateurs et donc la logique de rentabilité est tout à fait contraire à ce qu’on pourrait faire. Mais c’est très joyeux de pouvoir se retrouver même en petits groupes et, pour cela, il faut que le théâtre reste financé par de l’argent public.

Oui, la tenue des engagements de nos financeurs partenaires a permis que l’on tienne nos propres engagements sur les sessions prévues, sur les interventions dans les écoles. Par ailleurs – puisque l’incertitude demeure –, on nous a dit que si certaines pièces ne pouvaient pas être jouées, on maintiendrait la proposition qui a été faite aux artistes de venir travailler ici au 13 vents. C’est-à-dire que ce temps-là et l’argent qui lui était dévolu serait maintenu, que l’on trouverait ensemble d’autres modalités de s’adresser au public… au cas où les pièces ne pourraient pas se jouer dans les conditions sanitaires souhaitées ». 

 Propos recueillis par Patricia Bussy

 

3 au 21 novembre 2020, 1ere Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée. Un lieu de partage des œuvres et de la pensée, un programme de spectacles et rencontres, lectures et d’ateliers, mêlant théâtre, danse, musique, cirque et écritures contemporaines.

4 et 5 novembre, Una costilla sobre la mesa : Madre d’Angélica Liddell
10 novembre, Bérézina de David Wampach
12 et 13 novembre, The Museum de Bashar Murkus
19 et 20 novembre, Eau de Cologne d’Argyro Chioti
1 au 4 décembre, Points de rupture de Françoise Bloch
du 8 au 11 décembre, J’abandonne une partie de moi que j’adapte de Justine Lequette
8 au 17 janvier, Décris-Ravage d’Adeline Rosenstein
21 et 22 janvier, Laboratoire Mobile Poison – l’année 1961 d’Adeline Rosenstein
2 au 5 février, Les Brigands de Mikaël Serre
9 au 12 février, La Beauté du geste de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano
4 au 11 mars, La Bobine de Ruhmkorff de Pierre Meunier
16 au 18 mars, Forbidden di sporgersi de Pierre Meunier et Marguerite Bordat
31 mars au 2 avril, Les Frères Karamazov de Sylvain Creuzevault
7 et 8 avril, Les Démons, Sylvain Creuzevault
6 et 7 mai, Trust / Shakespeare / Alléluia de Dieudonné Niangouna
19 au 21 mai, Maldoror de Benjamin Lazar
25 et 26 mai, Chroma de Bruno Geslin

Programmation complète des créations-productions, teaser de saison, ressources de la Fabrique, billetterie : https://www.13vents.fr/

 

 

Domaine de Grammont – Montpellier. Tel. 04 67 99 25 25.

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