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SUZANE

Le festival Les Nuits du Chat présente en ouverture de son festival le 21 novembre 2019 le nouveau phénomène de la chanson française, Suzane

Il y a peu de temps Suzane était serveuse dans un bar à burger parisien et rêvait d’Olympia, de nouveaux horizons. Depuis début 2019, il en est autrement : Suzane fait sensation dans le paysage musical français. Sans même avoir encore sorti d’album, elle a été la chanteuse la plus programmée dans les festivals cet été avec plus de 32 représentations dans l’hexagone. Suzane se démarque grâce à une voix forte, des textes autobiographiques mais aussi grâce à des clips vidéo qui marquent les esprits. Rencontre.

Vous avez pratiqué la danse classique au conservatoire pendant 15 ans, vous dites d’ailleurs que votre premier instrument c’est le corps. Quel a été le déclic qui vous a amené à vous lancer dans cette aventure ?

Lorsque j’ai commencé à chanter, j’étais au conservatoire de danse d’Avignon. J’avais à peine 13 ou 14 ans et cela me permettait de m’exprimer différemment qu’en dansant. Je dansais tous les jours à l’époque et c’était presque devenu une routine… Je me suis d’abord intéressée à la chanson française, j’ai appris les textes de Brel, Piaf et ceux de Barbara. J’ai compris à ce moment-là que j’avais un autre moyen d’expression, grâce au chant, et depuis j’ai besoin de m’exprimer de ces deux façons. Après le conservatoire j’ai rencontré un beat maker et grâce à lui j’ai pu comprendre comment on construisait la musique. Au moment où j’ai souhaité faire la mienne, des années plus tard, la danse et le chant se sont liés.

Dans vos textes votre parole est libre, vous évoquez par exemple le harcèlement subit par les femmes ou encore l’homosexualité féminine, à travers le personnage d’Anouchka, une jolie fille qui brise malgré elle le cœur des garçons. Qu’est-ce qui vous anime personnellement et vous donne envie d’écrire ?

Je pense que c’est à l’instinct. Ces sujets que l’on retrouve dans mes chansons comme le harcèlement des femmes par exemple sont ceux qui vont me toucher, me mettre en colère : ils sont ceux où mon œil s’arrête et sur lesquels je dois écrire absolument.

Votre musique a des sonorités électro, cela est très présent dans la plupart de vos chansons, quelle est votre lien avec ce style musical et quelles sont vos références dans le domaine ?

Lorsque j’ai quitté le conservatoire sur un coup de tête à cause d’une routine qui m’étouffait, j’ai commencé à beaucoup sortir notamment sur Montpellier à la Villa Rouge ou au Bar Live et c’est vraiment à ce moment-là que j’ai découvert la musique électronique. Cette musique me procurait un sentiment de liberté ; je pouvais danser sans avoir la professeure de danse derrière moi qui me pinçait la fesse ! C’est à ce moment-là que j’ai découvert Daft Punk, Justice, Miss Kittin ou encore Mr Oizo, Sébastien Léger… Pour moi la musique électronique a un pouvoir extraordinaire : celui de faire lever les gens et de les faire danser, c’est une musique très fédératrice même si certaines personnes prétendent que c’est un style assez froid, je ne suis pas vraiment d’accord avec cela ; la musique électronique permet de rassembler les gens sur une piste pour lâcher prise.

Vous jouez le 21 novembre à La Halle Tropisme pour le festival Les Nuits du chat, un festival qui met en avant la francophonie, en quoi est-ce important pour vous de privilégier la langue française dans votre projet artistique ?

Dès que j’ai commencé à écrire mes chansons il était évident que ce soit en français car c’est ma langue maternelle. Je crois que l’on est plus connecté lorsqu’on chante dans sa langue, il n’y a aucune barrière. Lorsque je chante, les mots, j’ai besoin de les appuyer et de les ressentir. Ce qui est certain d’ailleurs concernant mon projet artistique c’est que mes chansons seront toujours écrites en français. J’ai eu la chance, il y a peu, de me rendre en Chine et de participer à une tournée d’artiste qui mettait en valeur la langue française et cela m’a rendu très fière d’être choisie comme ambassadrice. J’espère d’ailleurs pouvoir représenter la langue française dans d’autres pays.

Vous avez donné 32 représentations sur les scènes de plusieurs festivals hexagonaux cet été, dont celle des Les vieilles charrues, ou encore celle du Montreux Jazz Festival. Quels retours avez-vous sur cette année 2019 ?

Chaque jour est une surprise, je chante depuis longtemps mais pas d’un point de vue professionnel, pas avec une équipe, un label, et toutes ces personnes qui font en sorte que cela soit possible. J’ai eu la chance de beaucoup monter sur scène en 2019, cela a été incroyable car j’ai pu rencontrer les gens en live et ça donne une autre dimension. Sur les réseaux sociaux c’est plus superficiel et le fait d’avoir rencontré mon public cela me permet de dire que j’ai une petite base fan qui me suit… C’est très important pour moi. J’ai toujours du mal à réaliser, j’ai comme l’impression de flotter. J’ai hâte de proposer mon premier album qui sortira en 2020.

J’allais y venir justement… À quoi va ressembler cet album ? Allez-vous suivre les mêmes thématiques ?

Je vais parler du quotidien car c’est ce qui m’intéresse le plus. Je vais continuer à décrire des personnages qui peuvent ressembler à des personnes de mon entourage ou à des personnes que je rencontre. J’ai envie de parler de notre société, du diktat de l’apparence, des attentats, du réchauffement climatique, ou encore des addictions aux nouvelles technologies … J’espère que les gens continueront d’accueillir mes chansons comme ils le font aujourd’hui.

Propos recueillis par Johanna POCOBENE

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