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SOA, rock latino

Le groupe s’est formé en 2017 à Montpellier. Après une décennie de chansons swing et New Orleans, Boris Combes, le chanteur guitariste, cofondateur du projet Agami Productions, ressent le besoin de renouer avec l’univers du rock festif. L’envie lui prend de remonter un projet musical avec d’autres musiciens, d’ouvrir de nouveaux horizons, tout en gardant l’esprit fanfares swing et biguine. Aujourd’hui, SOA joue du rock, du ska, du reggae, de l’afro-caribéen, du latino, soit une musique festive, taillée pour la scène. Bientôt, si tout va bien !

Que veut dire le nom de votre groupe ? Quelque chose à voir avec l’Architecture Orientée Services (SOA en anglais) ?

[Rire]. Et bien non ! Nous ne sommes pas de près ou de loin rattachés à la sphère informatique. Mais en effet, je crois bien que c’est le premier résultat qui arrive quand on tape Soa sur Google. A la base, on était parti sur Quinta gallina. Un truc me chagrinait et j’avais du mal à valider le nom à 100 %. Trop hispanique. Un jour, je me suis réveillé avec le mot SOA en tête. Sans savoir ce que cela voulait dire. Après quelques recherches sur le net, on voit que c’est un adjectif qui veut dire « joli » en malgache. On peut aussi le traduire comme « ça sonne » en portugais. Le mot court sonne bien, il n’en fallait pas plus pour officialiser le nom !

« SOA, rock cuivré », c’est aussi une bonne accroche ! Elle fait autant référence à vos instruments à vent, trompette, trombone, qu’à votre côté latino méridional.

En effet, c’est une formule rock, basse-batterie 2 guitares, sur laquelle se rajoute une trompette et un trombone. Et plein de chœurs. C’est un style qui est apparu avec La Mano Negra au début des années 90. Une famille musicale qui n’est pas des plus modernes mais dont on se revendique avec plaisir. C’est dansant ! Faut voir ça en live !

Des concerts que la crise sanitaire interdit en ce moment. Comment vivez-vous cette privation ? Vos projets pour cet été ?

Comme tous les artistes en ce moment, on patiente et on espère voir le bout du tunnel. Être privé de chanter, de danser, d’être ensemble est insupportable. En même temps, si c’est le prix à payer pour enrayer cette maudite épidémie, alors soyons encore patients, essayons à notre niveau de réfléchir à des lendemains plus joyeux. Pour nous et pour nos enfants à qui nous allons laisser une planète en sale état. Il ne faut pas oublier qu’avant cette crise sanitaire tout n’était pas rose. Il ne faudrait pas être trop pressé de reprendre nos vieilles habitudes…

Le soir du 15 août 2020, vous étiez sur la scène du Théâtre Antique d’Arles pour un grand moment, quand vous avez joué « El Dia De Los Muertos ». La vidéo avec les images de la Fête des morts à Mexico en fait un superbe clip. Avez-vous eu l’occasion de séjourner dans ce pays ?

J’ai découvert très tardivement la Fête des morts, surement avec le dessin animé Coco. Comme beaucoup, je me suis rendu compte que c’était beau de penser à ceux qui sont partis de manière plus joyeuse que nous le faisons ici en France. Du coup, en écrivant cette chanson, on continue à faire découvrir cette fête à ceux qui ne la connaissent pas encore. Nous avions le projet avec le groupe de partir faire une petite tournée au Mexique mais la Covid a un peu chamboulé le planning. C’est dans les tiroirs donc. Si on peut rajouter une escale en Argentine chez notre bassiste Rafael, on sera au top !

Vous chantez très bien l’espagnol. On pourrait vous prendre pour de vrais mariachis, nouvelle génération ! D’où vous vient ce goût hispanophile

Chez les mariachis, il y a beaucoup de trompettes ! Dans SOA, on n’en a qu’une. Mais on a la chance d’avoir un tromboniste exceptionnel qui apprend en douce la trompette pour, de temps en temps, faire écho à cette musique-là. En ce qui concerne le choix des textes en espagnol, c’est clairement pour les sonorités. J’écris en espagnol car j’adore cette langue, que j’ai un peu entendue, quand j’étais enfant avec ma grand-mère maternelle. Il y a quelques textes en français qui ont été traduits. On choisit ce qui sonne le mieux, puis on décide ensemble. Bon, il y a encore du travail sur les accents mais on bosse dessus avec notre coach Rafael, qui ne nous facilite pas toujours la tache car comme tous les Argentins, il prononce les « llo » « cho »…

Sur le titre Mayao, changement de registre, là on dirait que vous conviez les orishas afro-cubains.

C’est exactement ça, à la fin du titre, en post prod on a rajouté ce chant cubain yoruba qui appelle à la transe, c’est-à-dire après l’enregistrement du morceau, on a apporté quelque chose de tribal. Adil Smaali quant à lui verse une dose de magie avec sa voix magnifique. Avec, le très beau texte qu’a écrit mon frère, ça donne un morceau chargé d’émotions.

Sur l’album, vous adressez beaucoup de remerciements, à vos parents, votre femme, vos enfants, vos amis et collaborateurs ainsi qu’à la productrice Juliette Perraud, qui est aussi coéditrice du graphisme de l’album. Bref une affaire de famille !

Le métier d’artiste est un métier merveilleux, mais la vie d’artiste est parsemée d’embuches, d’incertitudes, de galères, de déception, de doutes… Personne ne court après la gloire autour de moi. Tout le monde a juste envie de pouvoir vivre décemment de sa passion. La réalité, c’est qu’il faut ramener des sous à la maison. On ne vit pas d’amour et de bière fraiche comme pourrait le sous-entendre certains employeurs peu scrupuleux. Il faut toujours être dans le coup, présents sur les réseaux sociaux, être créatifs et réactifs. Beaucoup d’artistes de talent lâchent l’affaire avec l’intermittence car ils n’arrivent pas à faire les fameuses 507 h. D’autres multiplient les groupes, les métiers de technicien, de régisseur, de figuration… tout ça pour dire, que lorsqu’on arrive à sortir un joli disque plein d’amour, avec des super muzikos, alors on remercie tous les gens qui nous ont accompagnés ! Quant à Juliette, on bosse ensemble depuis 10 ans, elle fait partie de l’équipe. Aucune décision importante n’est prise sans son aval !

Propos recueillis par Patricia Bussy

1er album disponible sur : www.soamusic.fr

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