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SKIP THE USE, le retour !

Après trois ans de séparation le groupe de rock lillois s’est reformé et sort un nouvel album Past & Future. Un album éclectique aux sonorités rock, hip-hop mais aussi et toujours punk. Les mots y sont toujours importants, engagés et font écho au monde d’aujourd’hui. Skip The Use parvient encore à réaliser la prouesse de faire danser le public tout en le faisant réfléchir. Entretien avec Matt Bastard.

Vous êtes de retour avec un nouvel album, qu’est-ce qui s’est passé depuis 2016 ?

Quand on était dans Skip the Use ça nous prenait, à Yan et moi, 300% de notre temps. Le but c’était pour nous d’aller voir ailleurs ce qui se passe et d’acquérir de l’expérience. Yan a créé un label, j’ai de mon côté réaliser un album solo et fait de la réalisation, de la production également, du cinéma… pour mieux nous retrouver.

Et si on s’arrêtait sur un morceau qui représenterait bien votre retour ?

C’est toujours compliqué de s’arrêter sur un seul morceau mais j’avoue qu’on apprécie beaucoup jouer Get Papers, car depuis qu’on a commencé la tournée c’est celui qui nous permet de sentir une réelle communion avec le public et c’est ultra intéressant. En ce qui me concerne, j’adore The Kiss parce que c’est un morceau plus personnel… mais l’album a été construit comme un tout.

Il y a aussi une chanson politique qui s’appelle Marine, et sur scène vous avez pour habitude de faire des appels à la tolérance, est-ce que c’est nécessaire pour vous de prendre position sur ces sujets ?

On a toujours suscité la prise de position quelle qu’elle soit ou la réflexion. On a aussi toujours milité pour le vivre ensemble, pour le respect entre les uns et les autres car c’est important pour nous. La chanson Marine ne s’appelle pas Marine Le Pen, elle s’appelle Marine tout court car pour nous c’est le symbole de la montée des populismes dans le monde. On ne peut résumer la situation qu’à notre pays et, même en France, on ne peut résumer la situation à Marine Le Pen car il y en a plein d’autres comme elle. L’idée c’était de mettre l’accent sur ces gens qui cherchent à trouver dans les autres les réponses à leurs propres problèmes et leurs propres fuites à la remise en question. Pourtant c’est ce par quoi on est obligé de passer si on veut aller vers un avenir positif et commun.

La seule chanson en français de votre album s’intitule Du bout du doigt elle met en évidence les réseaux sociaux et leur ambivalence …

L’ambivalence comme vous dites, c’est clairement ça, il existe des côtés incroyables comme le fait que des gens écoutent Skip The Use au Brésil alors qu’on n’y a jamais mis les pieds ! C’est génial de pouvoir connecter les gens de cette manière… mais d’un autre côté ces réseaux sont aussi une illusion qui permet de garder les gens déconcentrés de leurs réalités de vie. Tu as des gens qui se réalisent uniquement à travers un monde virtuel… C’est dramatique des gens cherchent à devenir des autres qu’eux même afin d’acquérir une notoriété virtuelle alors que c’est une image qui ne les fera jamais avancer. Je ne sais pas si c’était la fonction initiale de ces réseaux mais peu importe, on en est là aujourd’hui. Mais je crois qu’on a les réseaux sociaux que l’on mérite, c’est à nous d’être adulte et intelligent quand on les utilise.

Et sinon concernant la scène, comment se passe votre retour, vos retrouvailles avec vos fans ?

Lors de notre grand retour en mars dernier au Printemps de Bourges, on avait l’impression d’avoir arrêté depuis une semaine… Nous étions très touchés de voir le nombre de personne présente et toute cette nouvelle génération qui n’avait pas connu Skip The Use avant car elle était trop jeune. Là, on enchaine les dates et cela se passe très bien ! On est presque complet à chaque fois. Nous sommes très heureux !

Johanna POCOBENE

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