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JEAN TRICOT

Prendre le risque de l’envol

Propos recueillis par Patricia Bussy

Auteur, compositeur, écrivain, cet artiste complet a un fait un parcours sup enviable. Il a eu la chance d’entrer en fac lettres, le temps de monter des groupes, chanter dans des chorales, mettre en scène des spectacles mais aussi ambiancer des bals occitans, voyager, éditer des livres, CD, vidéos … Son 2ème roman vient de sortir !

Y a-t-il un domaine artistique que vous n’avez pas encore abordé ? 

Étonnamment, c’est la danse ! Je n’ai jamais dansé. Pas osé, pas eu envie ? Le bon prétexte était que le musicien fait danser les autres… j’ai composé de la musique pour des spectacles, j’ai joué sur scène pour accompagner des danseurs, je les ai regardés travailler, enviés parfois. J’ai eu des amis danseurs et danseuses, de riches échanges avec eux, tout en étant conscient de la distance entre nos pratiques et univers respectifs. Je regrette aussi de ne pas avoir osé tenter de dessiner ou peindre.

Votre héros, un maçon virtuose, danseur, est une sorte d’Icare des temps modernes, il casse les préjugés. Tout comme l’instit humaniste. Des êtres de pure fiction ?

On a du mal à imaginer ce que peut être la virtuosité d’un maçon ! Pourtant, essayez de crépir un mur et vous verrez le geste maîtrisé de ce travail est incroyablement complexe. Ce personnage est inspiré d’un ami, aujourd’hui disparu, qui m’a émerveillé par son talent de bâtisseur et son amour de l’ouvrage bien fait. Il était réellement ambidextre comme dans le roman. Et il adorait danser. Quant à l’instit, entièrement inventé, il expérimente certaines pratiques alternatives (pédagogie Montessori) pour lesquelles milite ma compagne, institutrice.

Le danseur fait un stage avec Dominique Bagouet et Pina Bausch. Vous les avez-vous rencontrés personnellement ? 

Hélas, non…

L’intérêt du roman réside aussi dans ces références de films ou de livres. Vous aviez envie de transmettre votre vision culturelle, plus précisément, sur la danse contemporaine ?   

Je n’ai pas de vision compétente sur la danse contemporaine mais je me suis toujours posé la question du rapport entre l’art en général et la société, sur le fait que les artistes sont rarement issus des classes populaires. Ce n’est pas seulement une question de talent ou d’argent, mais d’abord de culot ! Peu osent affirmer «  je suis un artiste » et franchissent toutes les barrières que lui oppose la société ? Nous rêvons tous de voler, comme Icare, mais ça ne marche pas… La conséquence de cette ségrégation ? Un art parfois coupé de la vraie vie. En ce sens, le travail de Pina Bausch m’a fasciné, dans son refus des codes esthétiques de la danse bien propre, bien pensante, éthérée.

Vous faites quoi cet été ? A la rentrée ?   

Écrire, un recueil de nouvelles, des pages d’un nouveau roman, des vidéos pour mettre en images mes compositions. Aussi continuer à créer et chanter avec le groupe vocal Tanzentan…

Le Grand jeté, roman (L’harmattan 2018)

www.jeantricot.com

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