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MUSÉE FABRE / LE CANADA ET L’IMPRESSIONNISME, DE NOUVEAUX HORIZONS

 

Après la Normandie au nord, l’Impressionnisme dévoile sa face canadienne au sud de la France. Plus exactement en Occitanie, une exposition itinérante à Montpellier, qui suit un parcours thématique et chronologique (1880 à 1930). Les visiteurs découvrent des artistes du Nouveau Monde, bien moins connus que leurs homologues américains mais tous très influencés par ce courant majeur de la peinture française.

 

William Blair Bruce Hamilton, Paysage-avec-coquelicot, 1859

 

Incités à rester dans l’Hexagone pour les vacances été-automne 2020, les Français ou les rares touristes étrangers, qui auront bravé la peur du Coronavirus, peuvent en ce moment se construire un séjour muséographique, entre Rouen, Caen, Le Havre et Montpellier. L’impressionnisme au Canada, l’exposition très attendue depuis la fin du confinement fut organisée par le Musée Fabre avec la collaboration du Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa), la Kunsthalle de Munich, la Fondation de l’Hermitage (Lausanne). Elle rassemble 35 artistes et plus d’une centaine d’œuvres, issues de collections privées et publiques.

Des découvertes restent à faire ! Comme on avait goûté à l’Impressionnisme italien et slovène en 2013 avec les expositions du Musée de l’Orangerie et du Petit Palais à Paris, c’est avec une certaine curiosité que l’on s’ouvre à ces Nouveaux horizons (sous-titre de l’expo), autant d’artistes méconnus de ce côté-ci de l’Atlantique. Soit deux générations d’artistes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui firent le voyage en France, s’approprièrent ce nouveau langage pictural et ont contribué au mouvement international.

 

La route des peintres nomades

Accueillis à Paris auprès de maîtres académiques comme Bouguereau ou Léon Bonnat, les Canadiens William Blair Bruce ou William Brymner furent d’abord influencés par les écoles de Barbizon ou Giverny. Ils sortent de l’atelier, placent le chevalet en plein air et restituent de superbes bords de plage, ceux de Clarence Gagnon ou des prés de coquelicots incandescents de James-Wilson Morrice. Des tendres scènes intimistes d’Helen McNicoll et Laura Muntz, des scènes parisiennes de Paul Peel aux élégants portraits de femmes dans leur univers bourgeois, la révolution picturale de Marc-Aurèle de Foy-Suzor-Coté ou Arthur Dominique Rozaire, vient du nu féminin, saisi sur le vif et sans maniérisme, dans la lumière naturelle.

Après la France, J.-W. Morrice ou Franklin Brownell voyagent en Italie, Espagne, Afrique du Nord. Leurs toiles orientalistes sont irradiées par de soleil. De retour au pays natal, où le climat et les paysages ne sont plus tout à fait les mêmes ( !), ils changent de sujets mais continuent à peindre sur le motif. Ils introduisent dans leur palette l’immensité neigeuse, les ciels bas laiteux. Ils synthétisent et participent ainsi à l’avènement dans leur patrie de l’art moderne.

Le directeur du musée Fabre, Michel Hilaire, avait invité Caitlin Workman à l’inauguration de l’exposition. La directrice du centre culturel canadien de Paris s’enthousiasme de cette nouvelle page de l’histoire de l’art : « Il y a eu un mouvement impressionniste canadien très inspiré par la France, des artistes actuellement très connus au Canada. Ils ont fait leur apprentissage et leur formation en France auprès des grands maîtres français. Et là, ici en France, on redécouvre ces artistes comme s’ils rentraient un peu chez eux. ».

Par Patricia Bussy

Clarence Gagnon, Brise d’été à Dinard, 1907

Exposition jusqu’au 3 janvier, tous les jours sauf lundi de 10h à 18 h.

https://fabre.montpellier3m.fr/Le-Canada-et-l-impressionnisme/

Musée « hors les murs », visites virtuelles

Pour les personnes empêchées de venir au musée Fabre, les équipes de la conservation ont conçu le site « Fabre dans mon canapé ». Elles y trouveront en version numérique des visites virtuelles complètes au sein des collections permanentes, un panorama des expositions temporaires, des récits et documentaires, des supports pédagogiques ou encore des jeux et activités artistiques pour les plus jeunes. Et si vous pouvez vous déplacer au musée avec un Smartphone et vos écouteurs perso, le guide virtuel peut se substituer au traditionnel audio-guide.

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