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MONTPELLIER DANSE

Atlas / Etudes de Michele Murray

Propos recueillis par Alexandre Seba

La chorégraphe franco-américaine Michèle Murray présente sa nouvelle création, Atlas / Etudes. Une œuvre contemporaine épurée, élaborée en dix pièces courtes, dévoilée ce mois-ci dans le cadre de Montpellier Danse.

Pouvez-vous nous présenter votre spectacle ?

Cela s’inspire directement de l’Atlas, c’est-à-dire un livre que l’on peut feuilleter comme on veut… Le projet comprend dix études construites de cette manière : elles ne sont pas narratives, il n’y a pas une histoire avec un début et une fin ; c’est plutôt des ambiances pour chaque étude, un univers, une atmosphère, dix matières différentes en phase avec l’époque… Avec une équipe de six interprètes, trois hommes et trois femmes, dans des combinaisons différentes (duo, trio, sextets…).

Quel est le point commun entre ces pièces ?

Toutes les pièces sont très différentes les unes des autres mais elles obéissent toutes à certaines contraintes : format court (maximum 20 minutes), d’apparence très simple… Il n’y a pas de décor, pas d’accessoire, seulement les corps et une seule matière de danse par pièce : un rythme, un temps, un espace.

Comment est né ce projet ?

La pièce précédente était plutôt longue, avec beaucoup de matériel, des accessoires, des costumes, plein de choses… J’avais envie de revenir vers la simplicité, revenir aux bases. A partir de là on a commencé avec une pièce, et au fur et à mesure on a commencé à se prendre au jeu, à trouver ça intéressant et on s’est dit on va jouer le jeu de dix pièces.

Vous jouez à Montpellier Danse, quel regard portez-vous sur le festival ?

Ça fait pas mal d’années que je vis à Montpellier et ça a constitué une part de ma formation. J’y vais chaque année pour voir tout ce qui s’y passe, je découvre des compagnies, ça requestionne aussi mon travail, c’est une chance incroyable d’avoir ce festival ici.

Pourtant la danse a encore du mal à toucher le grand public…

Je trouve ça très étonnant mais je ne sais pas pourquoi. C’est une question que je me pose… La danse contemporaine doit toucher et parler à différentes personnes ; si ça ne touche que le milieu de la danse, pour moi ça veut dire que c’est raté. (…) Après, pour moi, il y a une différence entre l’art et le divertissement. Mais c’est pas parce qu’on n’est pas dans le divertissement qu’on est pas dans l’émotion, dans l’énergie, dans les sens…

Qu’est-ce qui caractérise votre art ?

Il y a une pensée, une réflexion, dans la danse contemporaine. Pour moi une pièce doit poser des questions. Il y a un engagement. Aussi par rapport à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde : on n’est pas imperméable à ça. Même si on n’est pas toujours dans des questionnements directs, mais les corps sont forcément traversés par ça.

Atlas/Etudes de Michèle Murray.

Mercredi 27 juin à Montpellier Danse.

http://play-michele-murray.com

http://www.montpellierdanse.com

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