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MERZHIN

Nomades

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

Avec ce septième album studio, Merzhin affirme encore un peu plus son identité rock dans l’hexagone. Leur rage poétique soutenue par des textes engagés et des rythmiques entêtantes s’exprime depuis plus de vingt ans. Leur style musical unique brasse avec finesse et pertinence les cultures, en particulier les sonorités bretonnes. Un album réussi que l’on écoute en boucle ! Pierre Le Bourdonnec, chanteur du groupe a répondu à nos questions.

Quelle est l’histoire de cet album ? Son point de départ, son intention ? 

Le point de départ d’un album chez nous c’est le précédent. Jusqu’à présent nous tendons toujours à explorer les sonorités pour que l’accord se fasse entre instruments à vent et guitares puissantes. Et son intention est toujours la même, poser des questions à l’auditeur à travers notre regard sur la société et les gens qui la font.

Cet album est signé chez Verycords, qu’est-ce que cela change ?

Nous étions en autoproduction depuis 10 ans -aventure passionnante- mais aussi un véritable défi pour tout musicien. La signature chez Verycords nous apporte plus de moyens, nous avons pu réaliser cet album sous la houlette de Jean-Marc Pinaud dans un studio magnifique qui se nomme le Black box. In Fine cette signature nous dégage plus de temps pour nous focaliser sur l’essentiel, notre musique.

La figure féminine, regard fixe et visage peint, interpelle, quelle est sa symbolique ?

Cette femme sur la pochette s’appelle Juliette Savaete, cette artiste peint de l’art nomade sur ses propres portraits photos. Nous voulions symboliser ce qui est à nos yeux l’essence même de l’humanité : le brassage, l’échange culturel, le respect de la différence, l’enrichissement spirituel à travers la rencontre de l’autre, le juste milieu.

Vous décrivez vos contenus comme engagés, beaucoup d’artistes refusent ce mot pour leurs textes, qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?

Nous pointons du doigt les dysfonctionnements, les aberrations de nos sociétés, de nos comportements prédateurs. Mais nous mettons également en lumière l’humanité de certaines personnes qui se sont démarquées par leurs actions, leur engagement pour les autres. Nous sommes le relai d’une partie de l’humanité qui ne s’intéresse pas au profit mais à la sauvegarde de ce qui peut être sauvé, nous sommes des parents, des citoyens qui s’impliquent et notre action se révèle par la musique. Le fond et la forme.

Le titre « Nomades » -au pluriel- est représentatif de cet album poétique et rock. Pouvez-vous m’en dire plus sur ce morceau ? Et pourquoi avoir choisi celui-là pour inviter Kemar de No One is Innocent à chanter à vos côtés ?

Ce morceau aborde le concept de nomadisme dans son ensemble : l’aspect culturel de ce mode de vie, mais aussi les causes morbides que sont les guerres, la catastrophe écologique ou encore notre propre histoire en tant que musiciens. C’est aussi un plaidoyer contre toute forme de racisme et de fascisme.

Nous avons pensé à Kemar pour plusieurs raisons : notre approche est similaire de celle de No one, nous faisons de la musique de la même manière, en mettant en perspective ce qui nous révolte ou nous éclaire. Nous ne la considérons pas comme un divertissement sans fond comme trop souvent. Ce sujet ils l’ont abordé dans leur morceau La peau et Nomades lui fait écho. Alors qui mieux que Kemar pouvait interpréter ce titre avec nous ?!

Cet album accroche dès la première écoute… Pouvez-vous me dire un mot sur la façon de travailler l’instrumental ?

Nous travaillons collégialement, chaque idée est soumise au regard du groupe et nous avançons ensemble. Nous attachons évidemment une grande importance à retrouver ce qui nous rassemble dans notre musique une base rock puissante et les mélodies et sonorités qui sont notre identité avec les bombardes, flûtes et saxophones. Comme je le disais en amorce de cette itw c’est une recherche permanente pour trouver un équilibre qui nous convienne, entre douceur et rugosité, entre poésie et réalité crue.

La tournée s’étoffe mais peu de dates sont programmées dans le sud…

Ce n’est pas un choix, mais pas de panique nous préparons une belle tournée d’automne et probablement des dates plus au sud.

En tout cas, nous aurons le plaisir de découvrir le groupe cet été au Festiv’Allier à Langogne en Lozère !

www.merzhin.bzh

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