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« L’HOMME HORS DE LUI »

« Resterait à dire ce qui distingue l’acteur véritable d’un imitateur d’homme ».

Propos recueillis par Sophie Mignon

Valère Novarina est un auteur de théâtre, metteur en scène, peintre, essayiste. À travers son spectacle « L’homme hors de lui » il nous rappelle que le langage est sans limite. Que la poésie ne vient pas que des mots mais se trouve aussi dans les gestes.

Photo : Simon G

Pourquoi avoir écrit « L’homme hors de lui », est-ce quelqu’un que vous connaissez bien?

Depuis toujours, une image étrange se cache derrière le mot « acteur ». Se cache ou apparaît. L’image d’un homme « portant son corps devant lui », et portant même le langage devant lui. Le langage qui est comme une sculpture dans l’espace, le langage que nous creusons en commun, chacun de son côté.

Vous avez choisi Dominique Pinon, est-ce un choix du à sa personnalité?

Depuis une dizaine d’années, j’essaye de travailler à nouveau avec Dominique Pinon, qui a joué deux ou trois fois avec nous, il y a plus de dix ans. Mais il est difficile à capturer tant il fait de cinéma. L’automne dernier, lorsque Wajdi Mouawad m’a proposé de monter un spectacle dans la petite salle du Théâtre de la Colline, j’ai immédiatement appelé Dominique pour savoir s’il était libre. C’est un acteur extraordinaire et très singulier, il me semble qu’il a un contact très fort avec la langue telle qu’on la parle. Certaines phrases étranges du texte, il nous les livre comme si on les entendait dans un bistro, au comptoir… Quelqu’un qui, par exemple, dirait tout à coup « Je n’ai jamais connu la mort que de mon vivant ! » Dominique Pinon est un acteur extraordinaire, concret, populaire. Je retrouve en lui quelque chose de Carette, ou même de Gabin. C’est aussi un merveilleux rythmicien. Profondément musicien, comme le sont tous les grands acteurs. Souvenons-nous toujours que Louis de Funès a été d’abord pianiste, que Michel Serreau jouait de la clarinette. Toute la difficulté pour l’acteur est d’être à la fois un grand musicien, et à la fois un passant.

Pensez-vous que la colère nous sert aussi bien qu’elle peut nous desservir?

Il en est de saintes et il en est de sataniques !

Vous êtes sur scène avec « L’homme hors de lui », vous peignez, dessinez, le pinceau est un vecteur, mais que voulez-vous lui dire ?

À l’origine, j’avais l’idée de peindre pendant la représentation, mais j’y ai renoncé pour que toute l’attention se concentre sur le travail de l’acteur. Il y a dans « La Critique du Malade imaginaire » cette réplique extraordinaire: « Resterait à dire ce qui distingue l’acteur véritable d’un imitateur d’homme ».

Avez-vous trouvé l’antidote à la colère?

La mort.

Au Théâtre des 13 vents, Montpellier

  Les 11-14 Décembre

Tarif: de 8 à 22 euros

 

 

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