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LAURENT MONTAGNE

Souviens-moi

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

La poésie rock et généreuse du nouvel album de Laurent Montagne s’écoute en boucle ! Entre douceur et colère, les dix titres voguent de la contemplation de la nature à la description des travers de notre société. Les mots et la mélodie percutent dans un ensemble cohérent et profond. Au cœur de l’hiver, nous avons eu le plaisir de découvrir cet univers. Sortie en janvier, cet opus ne demande qu’à s’exprimer sur scène !

Crédit photo : Julie Rodriguez

Quel est l’histoire de « Souviens-moi » ?

Pour la première fois, j’ai pu réaliser l’album avec les musiciens avec qui je joue depuis trois ans déjà. Nous nous connaissons par cœur. Quand on est arrivé en studio, nous avons enregistré rapidement, presque comme un concert, avec l’envie de se rapprocher de l’énergie du live. Cela donne un ensemble, une cohésion musicale à cet album.

Depuis très longtemps j’avais envie d’intégrer un trio à cordes dans une musique, cet album fut l’occasion d’inviter le Trio Zéphyr (alto, violoncelle, violon) sur deux titres plus acoustiques ! Un vrai bonheur de partager ces chansons avec elles. Marie-Charlotte Michel que je connais depuis des années m’a aussi fait l’honneur de participer pour les chœurs de plusieurs morceaux, j’adore sa voix.

J’ai découvert ton album sur la scène du bar associatif le Sillon Lauzé en Lozère. Le contexte était bruyant mais tu as réussi à capter l’attention… à proposer un moment de poésie.

J’apprécie particulièrement jouer dans des lieux qui se bougent, qui proposent des choses, dans divers contextes, comme ici en milieu rural. Je remercie toujours ces « petits lieux majuscules » qui nous accueillent. J’aime jouer devant des gens de tout âge, pour les enfants comme pour les grands. L’écoute est primordiale pour la musique à texte. Mon lieu de prédilection, c’est le théâtre ! L’ambiance est propice à l’attention, les gens viennent pour écouter les paroles et les sonorités.

Effectivement, les textes sont importants, signifiants…

Pour moi, l’écriture est toujours un moment très fort. Cela me plait beaucoup d’écrire de la poésie, de jouer avec les mots… mes textes ont du sens, chaque mot a sa place. J’écris sur ce qui m’entoure : l’amour, l’amitié, l’humain, les paysages… Il y a aussi une vision de désillusion de notre monde, contempler la nature et se rebeller contre le pouvoir et ses aberrations. Ces textes touchent les gens, je le ressens quand on est sur scène.

Un titre qui te tient à cœur particulièrement ?

Je peux parler de la « Vallée du Rhône », territoire dans lequel j’ai grandi ! Je contemple les paysages et en même temps je vois les usines qui ferment, la montée du FN et la colère des gens dans la misère économique. C’est une musique charnière dans cet album, c’est un reflet du monde qui nous entoure.

Sur le plan musical, comment cela a-t-il été construit ?

Il y a plusieurs cas suivant les titres, la mélodie s’accorde aux mots, il y a des retours avec les trois musiciens (Pierre-Yves Serre, Cyril Douay, Laurent Guillot), une écoute mutuelle qui permet de construire cet album. La frontière entre composition et arrangement est floue. Nous avons enregistré au Studio Mirador avec David Darmon. Il a une super oreille artistique, il nous connaît et a beaucoup apporté musicalement. J’aime beaucoup son travail.

Quel est l’accueil réservé à cet album ?

Plutôt bien, voir très bien ! Nous avons fait plusieurs concerts de pré-sorties et de sortie d’album, le courant passe. Il y a une vraie demande du public d’être touché par des textes et des sensations. Lors d’une date au théâtre Jérôme Savary à Villeneuve-lès-Maguelone, à la fin du concert nous avons eu une standing ovation ! C’est la première fois, ce fut un tel plaisir d’être ensemble et de partager la musique ! On espère proposer rapidement de nouvelles dates au printemps et cet été.

C’est ton 8ème album (tout projet confondu), qu’est-ce qui fait la différence ici ?

La façon de travailler et surtout le fait de se connaître avant d’enregistrer. Nous avons pu créer une identité propre, plus assumée, plus homogène aussi. Le choix des titres est cohérent, il n’y a pas la chanson de trop, c’est un jeu d’équilibre où il ne faut pas se tromper. Pour l’instant, nous sommes contents de l’énergie que nous investissons et des retours que nous avons. Je reviens aux textes que le public recherche en citant une phrase d’Alain Bashung « les gens viennent pour la musique et restent pour les textes. » …

www.laurentmontagne.com

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