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La Pietà, pour le coeur et l’esprit

La Pietà, une artiste contemporaine et pluridisciplinaire bouscule par la force de ses textes et grâce à son énergie provocante. Suite à La Moyenne, son premier album sorti en 2020,
l’artiste se lance dans un nouveau projet mettant en lumière les cœurs battants, l’amour sous toutes ses coutures. Rencontre.

 

 

Pouvez-vous nous présenter ce projet pluridisciplinaire qu’est La Pietà ?

J’officie sur le nom de la Pietà depuis 4 ans. Mon envie était d’être complètement libre. Avant ce nouveau projet j’ai eu d’autres expériences musicales, j’ai signé sur des maisons de disques mais j’étais assez malheureuse qu’on m’impose des choix artistiques etc… j’avais même fini par arrêter. La Pietà a débuté avec l’écriture d’un roman – La Moyenne, à peine –  et j’ai eu envie ensuite de mettre en musique des extraits de ce roman. J’ai sorti un premier clip il y a plus de quatre ans, qui a très bien marché, cela m’a ensuite permis de reprendre la route, de relancer ainsi la machine et d’embaucher des musiciens.

 

De quelle façon s’exprime votre projet ? Comment le caractérisez-vous ?

Je n’aime pas entrer dans des cases. La première définition de la Piéta c’est la liberté.
Je n’ai pas envie de m’enfermer dans un style, c’est ce qui fait que cela est assez hybride. Il y a des morceaux dans lesquels j’ai envie de m’éclater à mettre des gros sons hip hop, et sur d’autres où j’avais envie de revenir à des sons plus organiques
avec par exemple du piano/voix…
Le point commun de tout cela c’est le texte. Mon projet c’est avant tout une écriture. Je m’amuse ensuite à habiller ces mots de pleins de couleurs différentes.
Comme je disais précédemment, je ne pensais pas revenir dans le monde de la musique, j’ai été dégouté du milieu. L’écriture du roman a bouleversé ce choix, ma passion a fini par me rattraper.

 

Dans vos textes on sent qu’il existe une certaine revendication, vous semblez engagée, vous avez d’ailleurs sorti un clip pendant le premier confinement, celui du titre « Un monde meilleur » vous avez invité le public à y participer, et les revenus du clip ont été reversés au Secours Populaire…

J’ai l’impression d’être concernée plus qu’engagée. J’ai des convictions dans ma vie personnelle mais je ne mets pas cela en avant en tant qu’artiste.
Je suis concernée par le monde dans lequel on vit, je parle de celui-ci. C’est un mélange. Dans mes textes je peux évoquer des choses plus personnelles, mais je parle aussi de notre société et de mon regard sur celle-ci.
Pendant le confinement comme beaucoup de monde, j’étais marquée par ce qu’on était en train de vivre, je le suis toujours d’ailleurs…
Comme beaucoup d’artistes cela m’a inspiré une réaction, mais de mon côté j’avais envie que celle-ci soit positive. Je n’avais pas envie d’ajouter une couche de pessimisme et de douleur à un moment qui était déjà difficile.
J’avais envie de partir sur un visuel coloré, plus pop, avec un message plein d’espoir. Cela me tenait aussi à cœur que ce titre soit partagé avec une cause.

 

 

Comment vous réagissez face à tout ce qui se passe actuellement ?

C’est une période difficile, notamment les artistes, c’est très compliqué de faire notre métier. Au-delà de ça, je fais beaucoup d’ateliers d’écritures, je continue à vivre de mon métier, en tout cas pour l’instant. Je suis attristée, je me demande vers quelle société on se dirige, avec ces priorités et ces valeurs qu’on met en avant, qui ne sont pas forcément les miennes. Artistiquement cela va forcément imprégner ce que j’écris, en revanche, je ne me sens pas d’en parler dans mes chansons. Je n’ai jamais parlé de politique dans mes chansons je parle de valeurs. Je défends par exemple ouvertement le droit des femmes, le droit à l’avortement comme dans la chanson « La fille la moins féministe de la Terre » mais je ne parle pas de faits concrets.

 

Vous avez évoqué récemment être sur un nouveau projet autour de la thématique de l’amour. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ce sera le thème de mon nouvel album, qui s’intitulera L’innamorata Je suis actuellement en train de réaliser des recherches, je souhaite aussi faire des interviews, mais également enrichir mes lectures sur ce sujet…
A la base de ce projet il y a un livre que j’ai commencé à écrire qui s’appelle L’être d’amour et qui questionne sur l’amour au 21ème siècle, l’amour que je vis au quotidien, j’avais envie d’aller à la rencontre d’autres gens, de discuter avec eux, de faire un certain nombre d’interview, cela me permettre de nourrir mon écriture. Je vais partir de la question « C’est quoi l’amour ? » et l’idée c’est d’entendre les gens, les cœurs battants, à tout âge.
Je vais notamment travailler avec des enfants, mais aussi des personnes âgées.
C’est donc très loin du COVID mais c’est aussi une manière de se demander comment survivre à tout cela, comment on aime, comment on peut aimer, comment on peut fabriquer de l’amour face à un monde qui ne nous le montre peu.

 

 

Quel sera votre processus de création ?

Je vais partir en Italie ; l’Italie c’est mon pays de cœur c’est d’après moi le meilleur pays pour parler de l’amour. Je me documenter sur l’amour dans les siècles précédents, l’amour dans l’Histoire de l’art, l’amour dans la littérature.
Je vais écrire à partir de tout cela et ce n’est que par la suite que je mettrais en musique mes textes, nourris par cette expérience.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Johanna Pocobene

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