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La Fondation HELENIS GGL de l’Hôtel Richer de Belleval – Un lieu d’art et d’histoire pour la Ville de Montpellier.

 

 

Située en plein cœur de la vieille ville, sur l’une des plus belles places de Montpellier, se trouve l’Hôtel Richer de Belleval. Un lieu chargé d’histoire acquis en 2017 par un groupement de particuliers et restauré par l’Atelier d’Architecture Philippe Prost, suite à l’action du groupe GGL et de sa filiale HELENIS, l’Hôtel Richer de Belleval révélera bientôt au public sa métamorphose. Au sein de cet Hôtel se trouvera la Fondation HELENIS GGL, la première fondation d’Art contemporain de la ville. En attendant son ouverture, nous avons discuté avec Numa Hambursin, directeur artistique de la Fondation.

Pouvez-vous nous présenter la Fondation HELENIS GGL, qui sera présente au sein de l’Hôtel Richer de Belleval ?

C’est la première fondation d’Art contemporain sur Montpellier. Nous sommes à ce titre très heureux de l’ouvrir. Lorsqu’on pense au concept de « fondation » on peut penser aux grandes Fondations à Paris comme celles de Bernard Arnault. Des lieux immenses dans lesquels on réalise de grandes expositions temporaires. Ici, nous devions inventer autre chose, cela ne correspondait pas avec le lieu. Pour cela, je suis parti du lieu. Ce lieu qui est un mille feuilles historiques assez extraordinaire. Avec des strates qui vont du Moyen-âge jusqu’au XVII, XVII voir même XIXème siècle. Toutes ces strates historiques racontent d’ailleurs une partie de l’Histoire de la ville de Montpellier. A partir de cela, nous allons créer un lieu d’un type nouveau, qui permettra l’organisation de vernissages, expositions, conférences, mais le principal de l’histoire va résider dans le fait de créer un art contemporain qui ne sera pas en rupture – une des grandes questions quand il s’agit d’art contemporain – mais il sera ici en continuité historique. Cela voulait donc dire qu’il fallait demander à des grands artistes de réaliser des œuvres dans ce lue qui seraient finalement dans la continuité de ce qui a été fait dans le passé. Je leur ai demandé à tous de réaliser des œuvres qui sont pensées pour les siècles. Des œuvres qui sont créées pour rester. Tout ceci est donc nouveau vis-à-vis de ce qu’on entend habituellement par « fondation » car nous souhaitons créer et que cela s’inscrive dans la chaire du bâtiment et donc de la ville.

Comment avez-vous orienté votre ligne artistique dans ce lieu chargé d’histoire et si particulier ?

Nous sommes partis sur l’idée qu’au lieu de multiplier les installations nous allions plutôt demander aux artistes de créer quatre œuvres majeures. Le souhait au départ était de créer des chefs-d’œuvre et j’emploie à dessein ce terme, car j’aime résonner en termes de chef-d’œuvre même si certains n’apprécient pas ce concept. Bien sûr, ce n’est pas à moi de dire si ce sont des chefs d’œuvre ou pas, en revanche je crois que l’on en est pas loin … Nous avons réalisé des œuvres purement exceptionnelles. Ce sont, à mon sens, les œuvres contemporaines, les plus belles que l’on peut voir à Montpellier et au-delà géographiquement, ce sont des œuvres majeures. Montpellier est une ville qui manque de monuments, je l’ai toujours dit, à Avignon vous avez le Palais des Papes, à Nîmes les Arènes, et c’est vrai que Montpellier n’a pas de monument emblématique. Ce qui fait la beauté et sa renommée de cette ville ce sont ses espaces ouverts comme la place de la Comédie, la place de la Canourgue, le Jardin des plantes ou encore la place Royale du Peyrou… L’Hôtel de Richer de Belleval sera lui un monument, on peut le comparer à un Palais. Nous souhaitons qu’au fur et à mesure des années des œuvres soient ajoutées afin que ce lieu devienne un dictionnaire très subjectif de ce qu’est la création d’aujourd’hui. Les artistes présents d’ailleurs dans ce projet s’inscrivent dans cette ligne artistique que je défends. Cette ligne artistique s’intéresse à la continuité historique, au côté baroque, au chef d’œuvre et mêle artistes français, internationaux et même montpelliérain, comme c’est le cas d’Abdelkader Benchamma.

Pouvez-vous nous parler des artistes choisis justement ?

Il y a donc Marlène Mocquet, une des grandes artistes françaises de sa génération, elle a réalisé un plafond extraordinaire, des sculptures en céramique, c’est un décor de conte de fées incroyable. Il y a aussi Jan Fabre, un artiste belge, qui a créé un plafond d’élytres de scarabées, une œuvre qui ressemble quelque peu au plafond qu’il a créé au Palais Royal de Bruxelles mais avec plus de volumes. Ce plafond raconte l’histoire de Montpellier par des symboles. Ensuite, à l’entrée vous avez un plafond crée par le dernier représentant vivant du Pop Art, il s’agit de Jim Dine. C’est une légende, il a participé à une des premières expositions du Pop Art. Enfin le montpelliérain, Abdelkader Benchamma, j’ai voulu qu’il crée une œuvre charnière, il a utilisé toutes les techniques qu’il connaît pour la réaliser. Il s’agit d’une réflexion sur l’alchimie, sur le mélange des quatre éléments, l’eau, la Terre, l’air et le feu. Une fresque prodigieuse. Le jour où nous aurons la chance de pouvoir ouvrir nous présenterons une première exposition, mais le public pourra découvrir des fresques du passé, inédites, que l’on a retrouvé lors des travaux.

Quand l’ouverture sera possible, est-ce que cette fondation sera ouverte au public en tout temps ?

C’est une vraie question. J’aimerais qu’elle soit ouverte en public le plus possible mais nous ne pourrons pas l’ouvrir aux quatre vents car c’est un lieu labyrinthique assez complexe. Nous allons ouvrir sur différentes plages horaires sur des jours à définir encore et nous allons surtout proposer des visites guidées. Nous souhaitons aussi proposer des visites guidées à des élèves de la ville de Montpellier car les élèves sont souvent rebutés lorsqu’on évoque l’art contemporain surtout lorsqu’on leur donne des choses ardues. Ici nous proposons des œuvres qui sont abordables et qui pourront leur donner envie de s’y intéresser.

Propos recueillis par Johanna POCOBENE

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