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KALUNE

Amour, entre résistance & utopie

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

Le ton est assuré, les mots engagés, les mélodies entrainantes… Kalune est un citoyen-artiste-militant pour la planète ! L’humain est au cœur de ses chansons, entre effets néfastes de l’homme sur terre et pointe d’espoir pour un avenir meilleur. Depuis sa 1ère scène en 1998, il a écumé les scènes, beaucoup écrit, composé dans plusieurs groupes, aujourd’hui il présente son premier album solo ! Discussion avec Damien alias Kalune (du nom de la plante sauvage des montagnes).

Crédit photo : Frank Loriou

Vous êtes dans le milieu musical depuis plus de vingt ans, quel a été le déclic pour sortir ce projet ?

Pour vous répondre, je vais citer une phrase de Fabrice Luchini : « le talent : c’est 30 ans d’exploitation d’un don ». Je chante depuis que je suis tout petit, j’ai 37 ans aujourd’hui ! J’ai donc mis 30 ans à sortir un album solo. Cela dit une réalité du travail et du temps nécessaire pour être prêt à présenter un tel projet. Un album c’est toujours donner une partie de soi. J’ai eu besoin de temps, de prendre confiance, de ne plus me cacher et d’assumer.

Mes expériences précédentes furent enrichissantes mais pour diverses raisons notamment géographiques nous avons dû arrêter le groupe Les Gueules du WaB. Ce contexte a aussi contribué à ce déclic, cette envie. La date de sortie a été décalée plusieurs fois, finalement cela tombe le 24 mai ! Une heureuse coïncidence puisque c’est le jour de la grève mondiale des jeunes pour le climat ! Je serai sur le Champ-de-mars pour cette occasion.

Sur votre site internet vous avez une rubrique militantisme…

Je ne peux m’empêcher d’écrire sur ces sujets – réchauffement climatique, extinction de masse, capitalisme- ! Ils sont vitaux. J’aimerais faire des morceaux plus légers mais l’urgence écologique s’impose à moi. Il y a quand même dans l’album des chansons d’amour « Lila », « Force à toi ». Le fond reste toujours engagé, ce n’est pas un divertissement mais du sens. Nous sommes invités dans les ZAD, dans des lieux de résistances… Anaïs Laffon (violoniste) et moi sommes musiciens mais avant tout citoyens !

Justement, qu’apporte l’art dans ces combats ?

Nous nous déplaçons dans ces lieux, par exemple nous sommes allés sur les terres du projet de GCO à Strasbourg où une énième autoroute sera construite sur un espace végétal avec des espèces endémiques. Je pense aussi à la forêt sauvage de Romainville qui sera rasée pour un parc d’attraction ! Ici, c’est un poste de résistance où des mamies vivant là se couchent devant les bulldozers… Que faire ? Je me sens impuissant ! Je me documente beaucoup sur l’histoire du combat puis j’écris et je slame mes textes. C’est une forme de désobéissance civile pour mettre l’art au service de l’engagement ! L’art n’est pas une fin, la solution existe par le nombre. L’art peut aider à cela en diffusant un message, en allant s’immiscer partout, en créant du débat.

Juste après l’interview, Kalune présente en direct le nouveau clip « Lila » (sortie le 16 mai)…

La musique fait passer des émotions, les images vont avec. On adore ce support, dire autre chose, montrer une histoire. C’est aussi une manière d’être visible et se faire connaitre sur les réseaux. Nous sommes toujours impatients de partager ces nouvelles images, c’est le cas de « Lila », cette jeune femme bohème qui croise l’amour…

L’album a été enregistré à la maison, vous vous décrivez comme artiste-artisan, comment se déroule la production d’un album où l’industrie culturelle prédomine la musique ?

C’est une très très bonne question ! C’est avant tout une question de concessions – mot que je préfère à celui de sacrifices – ! Nous avons trouvé auprès du label Zamora une énergie partagée, l’un s’adapte à l’autre, avec des rapports humains importants. Le label permet une force de soutien dans les réseaux classiques de diffusion, de communication… Malgré tout je garde ma liberté !

Enfin, terminons avec un mot sur le public…

C’est une aventure humaine de dingue ! Dans nos concerts, il y a des gens qui pleurent pour « Cannelle » l’ourse pyrénéenne et à la chanson suivante ils vont danser avec le sourire. C’est toujours plein d’émotions, de partage avec les organisateurs, avec le public… cela termine souvent par des larmes de joie et d’espérance !

www.kalune-musique.com

Sortie le 24 mai chez Zamora Label

12 juillet – Perpignan

18 juillet – Le chant des colibris, Etang de Thau

02 aout – Festiv’Allier, Lozère

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