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GOULAMAS’K – Se canta la Luna Roja

La nature et les revendications sont au cœur de ce 9ème album à l’énergie débordante. De nouvelles sonorités musicales font côtoyer avec justesse la tradition, les langues régionales et les instruments électroniques. Comme toujours depuis sa création, Goulamas’K est un mélange de fête, de lutte et de culture occitane à défendre. Le ska-rock de cette lune rouge sang est déterminé pour retrouver son public et pouvoir danser, chanter, aimer sous son reflet. Mots échangés avec Fred, le leader du groupe depuis le début !

Marque de fabrique du groupe, les membres se renouvellent, c’est le cas pour cet album. Qu’apporte cette nouvelle formation ?

Effectivement Goulamas’K est un groupe où il y a de nombreux changements de musiciens au gré des tournées et des fatigues. Être troubadour de l’extrême n’est pas de tout repos et demande beaucoup d’investissement et de don de soi. Cette nouvelle formation qui débarque dans un moment compliqué de crise sanitaire est tout simplement admirable de patience. Un an et demi de travail pour un concert, faut être motivé. La fraîcheur des nouveaux musiciens amène un surplus de folie dans ce groupe qui porte bien ses 22 ans d’âge

Y a-t-il de nouveaux instruments, pourquoi ce choix ?

Floreta nouvelle musicienne et joueuse de Flabiol (flute catalane) et tambor nous amène une couleur trad nouvelle. Elle a un DE de musique traditionnelle, ce qui est un atout dans la création. Et puis on est allé s’aventurer dans des sphères électro avec des parties synthés, des samples et des machines qui amènent une touche aérienne dans cet album. Il y a aussi le retour de la trompette qui amène cette brillance percussive des premiers albums.

Justement, qu’elle est la genèse de cet album ?  

On devait attaquer la création de LUNA ROJA à la fin de l’été 2021 mais le confinement nous a permis de démarrer son écriture plus tôt. Depuis nos antres respectifs, nous nous sommes échangés des idées et au fur et à mesure les compos ont pris du sens. Les textes collaient bien aux mélodies et les voix ont commencé à se placer. Au déconfinement de mai 2020, quand nous nous sommes retrouvés en répet, nous étions prêts pour faire vivre ces morceaux.

Quel sens donnez-vous au titre de l’album Luna Roja ?

Nous sommes souvent en admiration devant ce phénomène que nous offre la nature, cette beauté qui monte devant nos yeux attirés par son reflet sur la mer Méditerranée. C’est aussi cette colère, cette violence qui s’exprime dans la lune de sang où l’on voudrait qu’à travers notre regard et nos vœux les plus utopiques, un peu plus d’humanité jaillisse dans le cœur des hommes. Nous vivons un moment féerique à chaque apparition, quelque chose d’exceptionnel pendant la LUNA ROJA. C’est tout ça que nous avons retranscrit dans notre nouvel album.

Comme toujours depuis vos débuts, l’engagement est total tant l’énergie que vos mots. Dans le mouvement des théâtres occupés en France, vous occupez votre local associatif pour faire entendre vos voix… Pouvez-vous nous en dire plus sur cette expérience ?

Nous ne pouvions pas laisser les théâtres dans les villes se charger seuls de la revendication qui nous concerne à tous. LO CASAL, lieu associatif et culturel sur notre commune de Puisserguier, devait en être. Nous ne pouvons pas être engagés sur scène et faire profil bas dans la réalité. On y vit des moments intenses d’échanges et de solidarité avec les adhérents qui viennent discuter des problèmes liés à la situation sanitaire.

Sur l’engagement encore, certaines chansons sonnent comme un cri de révolte. Quel est votre état d’esprit ?

L’engagement est en nous depuis le début et ce n’est pas la situation mondiale qui va calmer notre point de vue.

Vous chantez en français, catalan, occitan avec la féroce envie de défendre ce pluralisme des langues et des cultures. Dans l’actualité, il y a la loi Molac sur la promotion des langues régionales, qu’en pensez-vous ?

On pense qu’il est triste de faire une loi là où cela devrait être naturel. Pourquoi avoir tué les langues maternelles des peuples qui forment le territoire français ? Malgré tout, ça avance dans le bon sens mais si on ne peut les pratiquer en dehors de l’école ça sera un coup d’épée dans l’eau.

Cette année d’arrêt forcé fut l’occasion de sortir le très beau clip « Maudits », pouvez-vous m’en dire un mot ?

On profite des temps libres pour continuer à créer et faire des clips en fait partie. « Maudits » est le premier d’une série, on l’a pensé avec Rémy un jeune du village très attaché à Goulamas’K. On a co-écrit le scénario avec son équipe de Horizon Studio. On voulait dénoncer cette folie que sont les guerres religieuses, le pouvoir de l’argent sur nos vies. On est fiers du succès de cette vidéo !

Ce 9ème opus désormais dans les bac, vous devez trépigner de retrouver la scène… Comment s’est passée la programmation cette année…

On devient fou à répéter dans notre local ! Comme tous les groupes on attend patiemment la réouverture. Il est encore difficile de se projeter pour cet été et l’automne tant les structures ne savent pas grand-chose de concret, assis debout manger boire etc. etc.

Même s’il est peut-être plus difficile à juger qu’en concert, quel est les retour du public ? Sur les réseaux sociaux, le public semble solidaire et heureux de cette nouvelle sortie !

Oui le public nous donne énormément de solidarité sur les réseaux sociaux, par la vente de l’album et des tee-shirts sur internet et il est comme nous impatient de la fin des mesures sanitaires pour redonner de la joie dans tout ce merdier politico-sanitaire.

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

Goulamas’K – Luna Roja

www.goulamas-k.com

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