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GESS

Une Pieuvre pour des contes noirs

Gess, de passage à Montpellier, vient de publier le tome 2 des Contes de la Pieuvre, Le Trouveur, un polar fantastique, noir, au parfum de feuilleton dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Un vrai coup de coeur qui a su toucher un large public.

Comment avez-vous eu l’idée de ces Contes de la pieuvre ?

En faisant des recherches sur Paris, je suis tombé sur beaucoup de photos à la fin du XIXe siècle. Je suis tombé amoureux de l’ambiance que renvoyaient ces photos.

Vos héros ont des talents aux conséquences lourdes ?

Oui et j’ai joint la part fantastique. J’avais deux envies, le lieu et la manière, l’époque au début de l’industrialisation et après la Commune. La banlieue, c’est la campagne.

Comment avez-vous trouvé les personnages, leurs dons ?

Je ne sais pas trop. J’ai commencé les Contes parce que j’en avais marre d’être bloqué par un nombre de pages. 46 pages et plusieurs albums avec chaque fois un début et une fin, non. Je me suis fait plaisir et sans dialogues.

Pourquoi avoir choisi un policier comme héros ?

A la base il ne l’est pas. Il le devient par idéologie.

Le fil conducteur c’est la Pieuvre. Il y a un côté feuilleton, picaresque.

La Pieuvre a des yeux partout. Quand j’ai découvert le polar, j’ai dévoré et suis passé au roman noir avec Goodis. Il prend un personnage qui est broyé par le destin, pris au piège d’une mécanique implacable. Il sera obligé de se sacrifier pour éviter que celle qu’il aime soit aussi broyée.

Et dans le tome 3 ? Il y aura un lien ?

Oui, sur la fin de Trouveur, j’ai laissé en plan un conflit ouvert entre Claire et Pluton, puis Léonie. Pluton, on sait qu’il a un talent mais pas plus. Donc j’aimerai développer même si ce n’est pas un personnage très sympathique. Il travaille pour la Pieuvre.

Pourquoi cette histoire courte à la fin du tome 2 sur la Bête, acteur de l’aventure ?

C’est un personnage extraordinaire avec une séquence si délirante que ne pouvait la laisser dans l’état. Mais c’était difficile de l’expliquer au sein de l’histoire. Pendant que j’écrivais Trouveur, je lisais Rousseau, donc il était en fait son enfant sauvage. Je voulais raconter sa vie qui aurait pu passer pour un ultra violent mais doux à moins d’être en face de gens agressifs. Il vieillit plus vite que la normale. Ce qui m’intéressait était de montre que ce qu’on voit n’est pas toujours la réalité.

Hormis La Pieuvre, vous avez aussi un Conan chez Glénat en cours ?

Oui dont je signe scénario et dessin. J’avais envie de faire une adaptation.

Vous lisez de la BD ?

Peu, j’en ai beaucoup lu. J’ai arrêté d’en lire quand j’ai commencé à en faire parce que je ne voulais pas être influencé. Je m’en suis rendu compte quand je faisais Carmen. On pouvait dire que je lisais Mignolia, que je continue à suivre cependant avec Pratt.

Propos recueillis par J-L. T.

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