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FLORANT MERCADIER

L’Occitanie pour les nuls

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

Au cœur de l’hiver, le festival Contes et Rencontres est un beau moment d’échanges et de convivialité autour de l’art de la parole. A l’image des veillées nocturnes d’antan, la Fédération des Foyers Ruraux de Lozère organise sa 28ème édition où le conte se raconte dans tout le territoire. La transmission orale est propice à la rêverie, un savoureux mélange d’histoires – dans tous les sens du terme -. Dans ce cadre, Idem a sollicité Florant Mercadier, jeune artiste au tempérament occitan revisitant habilement cette culture.

Le titre du spectacle implique une volonté de « grand public » « accessible à tous » ?

Oui, c’était l’idée. Je ne voulais surtout pas faire quelque chose qui s’adresse uniquement aux initiés, c’est même tout à fait l’inverse. Je souhaitais montrer que cette culture occitane fait partie de l’histoire de tout le monde, qu’elle appartient à tout le monde. Il y avait aussi la volonté de s’amuser, de se dire que le savoir n’a pas à être nécessairement une chose grave.

Pourquoi l’Occitan ?

Ma foi, disons que c’est une partie importante de ce que je suis. J’ai grandi dans cette culture, cette langue. Elle a façonné mon imaginaire. Je pense que peu de sujets sont à la fois connus d’autant de personnes et à la fois très méconnus. Et souvent par les premiers concernés !

Comment avez-vous appris cette langue ?

En famille, uniquement. C’est d’ailleurs ma langue première, j’ai appris le français après. Ce qui est, hélas, devenu une grande exception.

Quelle était l’envie en l’écrivant ?

Tout est né du choix de nom pour la nouvelle grande région. J’ai été surpris du vote massif pour ce nom-là – preuve s’il en était besoin – que cela représentait quelque chose pour les gens. Et en leur demandant pourquoi ce choix, « qu’es aquò, l’occitania« , peu de personnes savaient quoi me répondre. Je suis alors parti de ce que tout le monde connaissait ou  croyait connaître : la croix occitane, les cathares, le Se Canta… D’habitude, je pars des veillées de mon enfance mais pas cette fois ; là, c’est quand même plus les livres d’Histoire que d’histoire dans lesquels j’ai puisé certains contes, que j’ai adapté ou que j’ai écrit moi-même.

La musicalité, la rythmique du conte sont induits par la langue…

Oui, forcément. Ma femme me dit que même quand je parle en français, j’ai le rythme de l’occitan. Chaque langue a sa structure, son rythme, sa cavale… C’est d’ailleurs un plaisir pour moi de jouer avec les sons et les images de chacune de ces langues, en passant de l’une à l’autre. Après, au delà de la langue, mes spectacles mélangent contes, one-man-show et musique. Chacune de ces disciplines a ses codes, ses dynamiques. En plus des langues, il faut jouer avec ça.

Recherchez-vous le rire, l’émotion, la transmission dans vos spectacles ?

Le plaisir, avant tout. Qu’il passe par l’imaginaire, le rire ou la poésie, peu importe mais on est là pour s’amuser. Après, si au passage, on peut apprendre quelque chose ou faire passer un petit message, ce n’est pas plus mal. Mais mon but, c’est que les gens passent une bonne soirée. Libre à eux de tirer ensuite ce qu’ils veulent de mes spectacles.

Pourquoi cette touche d’humour ?

C’est une excellente question à laquelle je n’ai pas vraiment de réponse ! C’est un de mes paradoxes. Dans les groupes de musique dans lesquels je joue (Eydolon, Stille Volk, Gofannon), ma musique est plutôt sombre, dure même. Mais dans mes spectacles, j’aime faire rire, faire le pitre. Cela n’est jamais gratuit, j’ai toujours un fond dans mon rire, mais… Je crois que, tout simplement, je suis devenu accro à ce que l’on ressent quand on a une salle qui rit, jeunes ou vieux. C’est… en terme d’énergie, de ce que ça vous renvoie, c’est magnifique. J’aime bien aussi aller vers de l’émotion, il y en a toujours dans mes spectacles, mais le rire… C’est formidable de faire rire les gens, c’est un plaisir unique. Il m’arrive même de rire avec eux.

Justement, quel est l’accueil du public ?

Généralement très positif, les gens sont contents d’en apprendre plus tout en s’amusant. Avec « L’Occitanie pour les Nuls », je savais que j’allais sur un sujet qui intéressait les gens. Je savais aussi que quelques occitanistes coincés allaient me reprocher de jouer avec leurs vaches sacrées ; tant mieux s’ils râlent ! Cela veut dire que les autres s’amusent ! Si, par contre, depuis quelques temps, j’ai systématiquement un ou deux veggans qui me reprochent de jouer de la cornemuse !

http://www.sirventes.com/performer/florant-mercadier

https://www.foyers-ruraux.com/images/fr/CR_2019/BrochureCER19-101218-WEB.pdf

Prochaines dates dans la région

07 février, Nègrepelisse, Tarn et Garonne

15 février, Cubières, Lozère

16 février, Grèzes, Lozère

17 février, Sainte Enimie, Lozère

12 avril, Pradines, Lot

27 juillet, Carbonne, Haute-Garonne

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