Le magazine d'actualités culturelles en Languedoc-Roussillon

FABULOUS SHEEP

L’expression d’une urgence

Propos recueillis par Patricia Bussy

5 kids en furie sur scène depuis quelques années, qui créent leur propre label pour sortir en indé deux EP et un 1er album. L’histoire serait presque banale si elle ne venait de Béziers, ville que l’on ne pensait pas si rock’n’roll ! Tim, voix-guitare des Fabulous Sheep, nous dit l’importance qu’ils accordent à leurs textes. Message passé au travers d’un post-punk incandescent.

 

Racontez-nous s’est passée l’aventure du 1er album ?

Nous avons créé notre label, Bitter Noise, avant la sortie de l’album, dans le but d’assurer notre indépendance. Nous travaillons avec des personnes passionnées comme chez Day Dream Music (presse), Hold On Music (édition), Differ-ant (distrib). Notre manager, Yann Landry, nous a permis de rencontrer tout ce réseau qui désormais gravite autour du groupe. On a beaucoup joué entre Béziers et Montpellier. Rapidement, on a voulu se produire dans d’autres villes, alors on a monté des tournées nous-mêmes, on a démarché des bars, salles, festivals… Notre but, c’est de continuer à jouer sur scène le plus possible et partout. Que ce soit devant 50 personnes ou 5 000…

Quand on regarde vos vidéos, on vous imagine plutôt vivre dans le Burning London que dans le Béziers de Robert Ménard.

Béziers, c’est la ville où nous sommes tous nés. Culturellement et même avant l’arrivée de Ménard, la ville souffrait déjà. Ce désert culturel nous a obligés à nous prendre en main, organiser des soirées, trouver des concerts. Il y a quelques bastions qui résistent à l’oppresseur, le Capharnarhum, le Nashville, le Korrigan, Sortie-Ouest, La Cigalière. C’est dans ces salles-là que nous avons fait nos armes.

Dans vos textes, vous faites un constat réaliste sur notre société. Mais, sur le livret, tout est en anglais… pas facile pour tout le monde !

On n’a pas pensé aux traductions. C’est vrai que l’anglais est un problème pour les Français… Nos textes sont « sensés », ils expriment un sentiment, alors, en concert, pour que le public comprenne ce qu’on dit, on essaie de résumer le contenu de chaque titre. Dans notre communication également, sur Internet, où l’on explique souvent pourquoi nous avons écrit telle ou telle chanson…

Votre vidéo Athenian Streets, réalisée il y a 3 ans, a de fortes résonnances aujourd’hui. Vous sentez-vous proches des Gilets Jaunes ?

Les gens n’en peuvent plus de se faire « moraliser » par les politiques. Les distances se creusent entre les classes sociales. Il y a une profonde injustice et nous sommes les spectateurs impuissants de notre propre « dégénérescence »… Ce n’est pas le peuple qui tire les ficelles du jeu, mais aujourd’hui, on ne nous manipule plus aussi facilement, il y a un réveil des consciences… C’est pour ça que les gens sortent dans la rue, se battent pour faire entendre leurs idées. Nous respectons tout cela. Notre combat à nous, en tant que groupe, est plus humain que politique. Dans nos chansons, nous faisons passer des messages, solidaires et humanistes, comme dans Athenian Streets.

27/03, La Semaine Du Rock (Toulouse)

05/04, Le Molotov (Marseille)

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