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EXPOSITION –  » Je suis ton père », un mythe moderne

 

Embarquez pour un voyage dans une nouvelle galaxie ! Jusqu’au 24 juillet, les archives départementales de l’Hérault accueille une exposition originale autour de l’univers de Star Wars. Ce grand récit fictionnel est devenu la source d’inspiration pour de nombreux artistes contemporains internationaux. Les références à la saga de George Lucas sont multiples et permettent de questionner le monde au-delà du film. Interview avec Benjamin Reverdy, chef de service programmation, pôle culture à Pierresvives.

Pouvez-vous expliquer le choix de cette exposition ?

J’ai découvert cette exposition en Suisse. C’est une proposition de Marc Atallah, commissaire et directeur du musée de la science-fiction, de l’utopie et des voyages extraordinaires à Yverdon-les-Bains. Il est aussi enseignant-chercheur dans le domaine de la littérature conjecturales (utopie, dystopie, etc.). Dans ses recherches il a notamment étudié Star Wars.

Nous nous sommes rencontrés et nous avons imaginés une proposition adaptée à notre lieu, avec une sélection d’œuvres et une scénographie spécifique pour pierrevives. Les archives départementales existent depuis une dizaine d’année, nous avons la chance dans notre programmation de pouvoir croiser le champ scientifique avec la culture populaire. Cette exposition est parfaite pour relier les pratiques artistiques, littéraires, le comics, la science-fiction, la culture pop.

En quoi, Star Wars est-il un mythe moderne ?

La mythologie scandinave, grecque… même la religion ont pour but de donner un sens à nos actions, à nos vies. C’est la même chose avec le mythe moderne qui se construit sur des enjeux de nos sociétés contemporaines. Les films de cette saga traversent depuis cinquante ans nos vies avec des voyages, des épopées questionnant la famille, le genre, l’environnement, la politique… Les sujets sont divers et le questionnement est très riche.

George Lucas puise dans énormément de référence littéraire, cinématographique mais aussi dans la mythologie. Toute cette matière est mixée avec sa culture populaire. Dans la saga nous retrouvons les fondements d’un mythe avec par exemple la construction d’un héros en douze étapes. Tout cela est démultiplié par la science-fiction.

Que découvrons-nous dans cette exposition ?

Celle-ci n’est pas imaginée comme une exposition sur les films mais bel et bien comme une base de réflexion sur le mythe moderne et les conditions de sa création. Il y a onze artistes plasticiens internationaux interprétant cet univers avec humour, décalage, philosophie. Par exemple, l’artiste américain Gabriel Dishaw dans la mouvance du recyl’art assemble des pièces électroniques pour revisiter droïdes et casques. Cédric Delsaux quant à lui questionne les hyper-lieux urbains. Un autre artiste français, Travis Durden propose une série extraordinaire « Mythes et Idoles » mixant une statue de la Renaissance avec un personnage de Star Wars. Il questionne les notions d’objets de culte avec une pierre mise à nue… alors que dans le film il n’y a pas de nudité, de sang, d’organique.

Comment questionner un sujet à travers l’art ?

La création artistique est un biais très intéressant pour explorer une thématique ! Cela montre aussi comment des artistes d’aujourd’hui interprètent, adaptent, s’approprient un film populaire, grand public et familial. Cela peut amener ailleurs… La diversité des propositions enrichit aussi le débat. Il y a de nombreuses sculptures mais aussi des photographies numériques, des dioramas en Lego. Une section appelée « l’univers étendu » avec des affiches, des figurines… L’art permet d’approfondir un sujet, d’aller plus loin, d’être bousculer, de déplacer le propos. C’est un film accessible qui ouvre plusieurs problématiques de société : la démocratie, le changement climatique, l’homophobie… Notre rôle est aussi de rendre accessible l’art.

Le titre de l’exposition est évocateur…

Oui, même les personnes n’ayant jamais vu les films connaissent certains personnages, la voix de Dark Vador et cette phrase « je suis ton père ». La culture du film est connu de tous, c’est une évocation du film qui s’adresse à tous, cela fait aussi partie du mythe.

Autour de l’expo…

Avec le fond des archives, il y a eu une exposition thématique sur la généalogie. La famille est un thème très présent dans la saga. Il y a également une proposition de Cécile Mella qui photographie l’envers du décor sur des tournages de fiction. Le 17 juin, nous invitons l’astrophysicien Roland Lehoucq pour une conférence de vulgarisation scientifique sur la nature de la Force, la puissance d’un sabre laser… Comme toujours, l’entrée est gratuite, un livret ou un audioguide peuvent accompagner le visiteur. Il y a différents ateliers de création et escape game. Le 2 juin, une visite contée pour le jeune public suivra les aventures du petit robot 71TO-K6, touriste spatial venu sur notre planète pour visiter l’exposition.

Depuis quelques jours, le lieu a rouvert ses portes au public !

Nous avions créé une visite virtuelle à 360° de l’exposition avec des photos, des vidéos, des interviews, des commentaires d’œuvres et des conférences en ligne. C’est un outil que nous avons mis en place pendant le confinement. Nous trouvions ça bien de proposer malgré tout une visibilité à ce projet même si cela ne remplace pas une confrontation à l’œuvre.

Depuis la réouverture, nous sommes heureux de retrouver le public. De nombreuses familles sont heureuses de venir dans un lieu de culture. Nous ressentons qu’il y a eu un manque de culture, le public a besoin de retrouver ces lieux. Je suis heureux quand je vois une mère parler avec son enfant devant une sculpture…

Sandy Berthomieu 

 

Exposition jusqu’au 24 juillet

Pierresvives, Montpellier

Entrée libre

du mardi au samedi 10h – 19h

Visite guidée les mercredis et samedis à 16h

www.pierresvives.herault.fr

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