Le magazine d'actualités culturelles en Languedoc-Roussillon

DELPHINE MAUREL

La Bulle Bleue dans l’univers de Fassbinder

Collaborant les trois dernières années avec trois metteurs en scène, Bruno Geslin, Évelyne Didi et Jacques Allaire, La Bulle Bleue a été au bout de son projet « Prenez garde à Fassbinder », une trilogie que nous pourrons voir dans son intégralité en janvier. Retour sur ce pari artistique ambitieux, avec Delphine Maurel, la directrice de la compagnie.

La Bulle Bleue est créée en 2012 à Montpellier. Quelle est la particularité du projet artistique et médico-social de cet Esat ?

La compagnie, établissement spécialisé d’aide par le travail, est une troupe permanente professionnelle constituée aujourd’hui de 13 comédien(ne)s en situation de handicap. Il y a parmi eux une grande diversité générationnelle. Quand l’un d’eux rejoint la troupe, il s’engage sur un parcours de formation et de professionnalisation. Il participe à l’écriture, au travail pédagogique, à la définition des projets de la compagnie. Au départ, le projet s’est monté sur l’univers du cirque. Puis, Marion Coutarel, metteuse en scène au Théâtre de la Remise, a été, durant trois années, l’artiste associée à La Bulle Bleue. Il y a donc une rencontre entre des professionnels du spectacle et les membres de la compagnie. Ensemble, ils mènent un travail de recherche, écriture et production d’œuvres, qui sont diffusées dans divers réseaux. De 2016 à 2018, Bruno Geslin (La Grande Mêlée à Nîmes) porte le projet Prenez garde à Fassbinder !

La compagnie a-t-elle rencontré des difficultés à appréhender l’œuvre – parfois difficile – de l’enfant terrible de la scène allemande ? Ou, au contraire, a-t-elle trouvé beaucoup de résonances avec ses propres réalités ?

R. W. Fassbinder a inlassablement dépeint une généalogie de personnages qui, de par leurs différences, sont confrontés à la violence, l’incompréhension ou le rejet social. Afin d’appréhender de différentes manières, cet univers foisonnant, tout en restant dans un esprit commun et pour inventer une équation ouverte pour le collectif, Bruno Geslin a décidé de travailler avec deux autres metteurs en scène. Après une première année d’exploration, les trois spectacles constituent une trilogie autour de l’œuvre de Fassbinder. La pièce, Je veux seulement que vous m’aimiez, sur un texte et une mise en scène de Jacques Allaire, est montée sur un dispositif d’interviews, elles-mêmes inspirées d’entretiens que RWF a donnés. C’est une pièce cinglante, poétique et drôle sur la société, le couple, l’anarchie, l’amour. Huit heures ne font pas un jour, création d’Evelyne Didi, d’après des textes et films de l’auteur allemand, dont son 1er court-métrage Le Clochard (1966). Le Bouc, de Bruno Geslin, 3e volet du triptyque, est une adaptation libre de son second film éponyme (1969). La pièce a été créée au Chai, le lieu modulable de la compagnie, avec huit actrices et acteurs de La Bulle Bleue et neuf jeunes comédien(ne)s issu(e)s du Cours Florent Montpellier.

Trilogie Fassbinder au Théâtre des 13 vents – CDN de Montpellier du 14 au 26 janvier 2019.

www.labullebleue.fr

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *