Le magazine d'actualités culturelles en Languedoc-Roussillon

DÉCROHNONS UN PEU EN ATTENDANT LA MORT…

Férias ou pas 

Au moment d’écrire cette chronique, le temps ne laisse en rien paraître que l’été c’est très bientôt; la faute au dérèglement climatique sans doute… Toujours est-il que  l’été approche et avec lui viendra probablement le cortège des festivités plus ou moins commerciales : fête de la musique, fête du cinéma, festivals divers et variés, marchés de plein air, férias… C’est sur ces dernières que je voudrais aujourd’hui m’attarder un peu – bien que le verbe attarder prend ici une saveur toute particulière
tant ces fêtes populaires et avinées semblent d’un autre âge.

Au risque de passer pour un pisse froid, j’ai un peu de mal avec ces “fêtes traditionnelles du sud de la France.”
Déjà une fête où on massacre un animal qui n’a rien demandé au prétexte de distraire un public qui, il faut le dire, est de plus en plus rare, ça me pose un problème. On ne va certes pas refaire ici le débat “pour ou contre la corrida” puisque de toute façon, à partir du moment où on considère que l’être humain est intelligent, de débat il n’y a point : La corrida c’est très con, ça ne concerne plus qu’une partie infime (infame?) de la population et la tradition mon cul : si même en Espagne où la tradition c’est quand même autre chose on interdit ce genre de spectacle pitoyable c’est bien qu’il y a une raison. Surtout que dans notre belle région afflue chaque année un paquet de nouveaux arrivants (1,24% de solde migratoire en 2006), qui n’ont pas forcément cette “culture traditionnelle” enracinée en eux.

Alors pourquoi continuer à organiser ces férias ?
Un semblant de réponse nous est donné par un économiste de renom qui tient à garder l’anonymat car il possède une résidence secondaire dans la gard : “ben pour le pognon pardi”

Et c’est là le vrai enjeu des férias : pour quelques poignées d’octogénaires décrépis associés à quelques curieux en goguette, ayant comme PPDC d’avoir un QI qui ne dépasse que très rarement le score de Jacques Cheminade aux élections, on a une horde de jeunes gens qui se ruent dans les rues des villes et villages afin de
consommer leur poids en pastis dans la soirée. Puis de régler à la lame avec d’autres jeunes gens tout aussi alcoolisés des différents très grave tels que “pourquoi tu m’as regardé?” ou “pourquoi t’es là?”

Certes, on ne saurait mettre en balance la vie de quelques jeunes fêtards avec le poids économique d’une Féria, c’est vrai quoi, on vit
quand même une crise majeure, d’une violence terrible, telle que la France n’en a jamais connue – on ne va tout de même pas remettre en question des événements traditionnels séculaires qui permettent à des commerçants respectables de gagner leur vie honnêtement dans un contexte difficile au motif que quelques écervelés  juvéniles ne savent pas boire 20 pastis sans réveiller leurs bas instincts. Merde.

Sans compter que si on interdit les “fêtes taurines” on supprime de fait 80% de la grille
des programmes de TVSud.

Alors quelle est la solution ? Des férias sans alcool me sembleraient être un juste compromis et une première étape. On ferait ainsi d’une  pierre  deux coups : premièrement on verrait si il y a toujours autant de monde et deuxièmement on verrait si il y a toujours de “regrettables incidents en marge de la fête”

Si il y a toujours autant de monde et qu’il n’y a plus d’incidents, il ne restera plus qu’à régler le problème du massacre d’un animal au mépris de la respectabilité de
l’être humain.

Si plus personne ne vient, alors le problème sera réglé : l’affluence était bien provoquée par la consommation permissive d’alcool et on pourra supprimer les corridas une bonne fois pour toute.

Libre aux décideurs de les remplacer par des fiestas géantes où l’alcool sera là aussi servi en larges quantités, mais cette fois sans
alibi “culturel”. Ça existe déjà ? ah bon…

 

P. Portuguès

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