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DÉCROHNONS UN PEU EN ATTENDANT LA MORT…

LA SACEM, ÇA SÈME

Au moment d’écrire cette chronique, il est 16h30, il fait beau et je m’apprête à partir en WE pour l’inauguration du bar-restau d’une copine en Ardèche, ce qui, si on y  réfléchit bien, fait trois bonnes raisons de bâcler le papier. Si on ajoute que c’est la dernière chose qu’il manque pour boucler la maquette et envoyer le canard à l’imprimerie, ben, ça fait quatre. Mais loin de moi l’idée de sombrer dans de tels travers car le sujet de cette chronique d’aujourd’hui mérite d’être traité de façon précise car il concerne  une institution qui a déjà fait l’objet de vives critiques par le passé : la SACEM.

En effet, la société civile créée à la base pour défendre les intérêts  des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique est aujourd’hui elle aussi en pleine mutation numérique (je dis “aussi”, par rapport à l’industrie de la musique qui, je ne sais pas si vous en avez entendu parler, a subi de plein fouet l’arrivée d’internet).

Alors, on se dit “avec l’informatique, ça va être plus simple pour la SACEM de répartir les droits qu’elle perçoit deci-delà en son titre de grand percepteur musical” – c’est pas si  simple. En effet, à la lecture de mon dernier relevé de sociétaire (car oui je suis sociétaire de cette presque honorable institution) j’ai remarqué certains oublis pourtant remarquables : diffusions sur Le Mouv’ et une cinquantaine de radios locales un peu partout  en France, un peu plus de 500 téléchargements payants en Allemagne, Suisse et Autriche (oui, je suis une star dans les pays de langue germanique, il y a même un sandwich à la weißwurst qui porte mon nom et qui cartonne à Dortmund)…

Donc, comme je ne suis pas du genre à me laisser glisser la quenelle sans réagir, je décroche, ou plutôt, pour être plus exact, je me saisis de mon téléphone portable et j’appelle les services compétents afin de savoir ce qu’il est advenu de mon pognon. Là, première surprise : les passages sur les radios locales ne sont plus générateurs de droits ; ou plutôt, les droits générés par les passages en radio locale ne sont plus distribués aux artistes diffusés, mais versés dans une “caisse commune” qui est ensuite partagée entres les artistes qui font des concerts (et qui le déclarent à la SACEM bien entendu).

– “Et pourquoi donc ? assénai-je tout de go à mon correspondant ébahi qu’on puisse lui demander des comptes.

– C’est parce que c’était trop compliqué à répartir entre les ayants-droits me répondit-il avec une candeur frisant la débilité
légère.

– Donc si je comprends bien (là c’est moi qui parle de nouveau), maintenant que tout est informatisé, c’est plus compliqué qu’avant de répartir les droits entre ceux à qui ils reviennent ?

– C’est paradoxal, me répondit-il dans un éclair de clairvoyance qui à mon avis n’allait pas durer très longtemps, – mais c’est vrai, et en plus vous vous rendez compte, ça ne faisait que des petites sommes à répartir ?”

Ce dont je me rends compte surtout c’est que l’argent qui est collecté ne va pas à ceux à qui il
doit revenir et que, petite somme ou pas, il y a là une question de principe qui me chagrine légèrement et me casse les couilles considérablement. Surtout quand on sait qui déclare les fameux concerts à la SACEM : les mêmes qui récoltent déjà les sommes perçues par la SACEM sur les radios commerciales et les télés. Et bon, ça dépend des goûts, mais c’est pas ce qui se fait de mieux artistisquement parlant quand même. Sans parler du fait, mais j’en parle quand même, que des petites sommes  dditionnées à des petites sommes, à la fin ça en fait de grosses dans la poche de certains qui ont même le vice d’aller s’exiler pour ne pas payer d’impôts dessus.

Pour le reste, à savoir les passages sur Le Mouv’ et les téléchargements teutons, il faut que je fasse une réclamation, ce que je suis en train de faire à l’instantnmême de ma main droite pendant que ma main gauche tape habilement cette chronique sur le clavier de mon ordinateur.

J’en rajouterais bien encore une couche sur la fait que la SACEM
ne fait pas son boulot sur d’autres points, mais je manque de place alors je vais conclure ici cette chronique, que je ne manquerai pas de joindre à ma lettre de  réclamation et je vous tiendrai au courant du paiement ou pas de ce qui m’est dû. En attendant, si vous trouvez ce nouveau système de répartition des droits radios “locales” aussi injuste que moi, envoyez un mail à la SACEM, ça les occupera…

 

P. Portuguès

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2 Comments

  1. Bonsoir,
    Et si vous commenciez par télécharger les règles de répartition sur le portail sacem (sur la partie grand public)?
    Vous y trouveriez tous les détails sur les répartitions des aradios locales, associatives etc…
    Il est vrai qu’il a fallu arrêter le système des avis de diffusions car il était source d’escroqueries, de certificats de complaisance qui ont même entraîné une exclusion de la société.
    le problème est simple : sous certaines recettes, l’analyse des programmes coûte plus cher que la somme à répartir. Dois-t-on pour autant laisser une zone de non droit ?
    Vous critiquez la sacem, qui répartit à 80% au programme identifié. Que diriez vous en Angleterre, qui à moins de 50% et où tous les concerts qui ne dépassent pas les 400$ de droits d’auteurs (à 3% de droits en Angleterre, cela signifie près de 14.000€ de recettes, on ne répartit rien au programme…
    Pour l’étranger, une fois votre réclamation déposée, les services vont interpeller la société d’auteur du pays concerné et devoir vérifier, ce n’est pas si simple.
    Cher confrère en 2011 ce sont un million d’œuvres nouvelles déclarées, 4.000 nouveaux sociétaires, 3 milliards de lignes informatiques du fait de la complexité d’Internet.
    Alors venez donc voir sur place comment cela se passe et vos jugements seront peut-être un peu moins péremptoires.
    Cordialement.
    Laurent Petitgirard
    Compositeur
    Président du Conseil d’Administration de la Sacem

    • Bonjour cher confrère.
      On reconnaît bien là la faculté de la SACEM à se remettre en question et à accepter la critique. Les événements que je décris dans cette chronique sont réels et si vous me dites de consulter les règles de répartition sur le portail de la SACEM, je vous suggère de proposer à vos employés de faire de faire de même pour éviter de raconter n’importe quoi aux sociétaires qui appellent pour des renseignements. Je viens de visiter le site et je confirme que votre collaborateur m’a raconté n’importe quoi, mais la réalité est encore pire : vous reversez 70% des sommes perçues sur ces radios locales aux ayants-droits les plus joués sur les réseaux commerciaux (les « tubes » et « classiques » pour schématiser) et 30% aux artistes plus confidentiels alors que la réalité des faits est que ces radios locales diffusent plutôt 70% de nouveaux talents et 30% de classiques, tubes etc. Vous avez inversé l’assiette de reversion.
      D’ailleurs il serait intéressant de connaître la somme globale qui glisse de cette façon car le détail entre radios locales et nationales n’est pas donné dans le rapport 2010.

      Péremptoire disiez-vous ? Je suis désolé de l’être, mais je ne vois pas comment vous pouvez sérieusement défendre cette position !

      On parle ici d’une question de principe : des artistes sont diffusés sur des radios et ne touchent pas l’argent qu’il devraient toucher pour ces diffusions. Que la tâche ne soit pas facile, c’est possible (bien que vous soyez les seuls à ma connaissance à considérer que l’informatique complique les choses par rapport au papier et il y a quelque chose qui s’appelle des codes ISRC qui pourrait vous aider) mais si difficile que la tâche devrait être, c’est ce qu’on attends de vous.

      Et j’ajouterai, c’est ce à quoi nous allons nous atteler en 2012.

      Cordialement,
      Pascal Portugues.

      PS : venir sur place constater pourquoi pas, mais étant donné l’accueil chaleureux qu’on reçoit à chaque visite dans la délégation de Montpellier, j’espère que l’ambiance sera un peu plus conviviale.

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