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CIE LE MIDI MOINS CINQ

Le quotidien se décortique au théâtre

Quoi de plus ordinaire que débuter sa journée en buvant une tasse de café et en consultant ses messages sur son téléphone ?! De ces objets du quotidien – d’une banalité déconcertante – Olivier Bracco et Marc Sollogoub questionnent le monde, oui rien que ça ! Basé dans les Cévennes, cette compagnie de théâtre décortique le café dans « 100 mg MatinMidietÇoir » (2016) et mène l’enquête sur le téléphone portable dans leur nouvelle création « Mille 300 Minutes par Cemaine » (2019).

Comment est né ce projet ?

La compagnie est née durant l’hiver 2013/2014 avec l’envie de proposer des petites interventions théâtrales sur le marché du samedi au Vigan (Gard). Nous en avons réalisé une douzaine en parlant de l’actualité. Le but était de créer un hebdomadaire local en permettant aux habitants de trouver une raison supplémentaire d’aller au marché en plein hiver (saison morte) et de retrouver les copains qu’on perd de vue une fois l’été passé. L’écriture de ces premiers épisodes a donné le cadre de création pour nos deux spectacles.

Le quotidien, l’actualité sont la genèse de votre création…

Nous partons de la question existentielle : qu’est-ce qu’on fait là ? Puis on déborde à travers le prisme d’un objet du quotidien, d’une actualité… A partir de l’objet, on questionne le sujet sur l’origine physique, d’où vient-il ? Comment est-il fabriqué ? Comment arrive t’il jusqu’à nous ? Pourquoi l’utilisons-nous ?

Pour cette nouvelle création, vous avez réalisé une enquête sur le téléphone portable ?

Aux prémices de l’écriture de cette pièce, nous avons travaillé dans le cadre du dispositif « artistes en collège » auprès des élèves du Vigan. Le collège est devenu notre espace de travail pendant cinq semaines. Nous avons donc enquêté avec eux sur le téléphone portable : qu’est-ce qu’un téléphone ? Quelles sont les règles d’utilisation chez eux ? A l’école ? Qu’est-ce que cela apporte ? Est-ce vraiment un progrès ? Il y a eu de nombreux échanges qui nous ont beaucoup influencés. Notre propos est de s’éloigner du discours moralisateur et d’éviter l’approche bien/mal. C’est aussi une façon de questionner nos propres responsabilités d’adultes, quand on met un téléphone dans les mains de nos enfants…

Une pièce interrogative… il y a-t-il des réponses ?

Le spectacle dure soixante-dix minutes, nous nous sommes contraints à réduire, même si cela engendre un peu de frustration de ne pas pouvoir tout développer. L’important pour nous, ce ne sont pas les réponses mais de vivre les questions ! Il y a quelques pistes et notre regard qui essaie de trouver une « fausse » solution, c’est une réponse parmi tant d’autres possibles.

Le sujet est vaste…

Nous tentons de nous concentrer sur l’objet lui-même, c’est-à-dire un outil permettant de se parler en étant loin. Toutefois c’est très dur d’arriver à trier les sujets, le téléphone est lié à Internet qui pourrait être un sujet à part entière. Le téléphone aujourd’hui est imbriqué dans une communication mondiale et une mondialisation de la communication !

Ce spectacle s’adresse à un public à partir de 12 ans…

Nous nous classons dans le spectacle de rue, malgré tout concernant le public, ce n’est pas un spectacle jeunesse, la pièce est assez longue et demande une attention sur un sujet. Il ne nous semble pas honnête de classer notre pièce tout public ! Nous avons joué pour des collégiens, c’est intéressant, cela peut-être une base de réflexion en lien avec leur programme scolaire par exemple. Nous avons joué une dizaine de fois cette pièce, notamment au Festival d’Aurillac cet été, c’est une super vitrine et nous avons eu de bons retours !

Propos recueillis par Sandy Berthomieu

http://lemidimoinscinq.blogspot.fr/

8-9 octobre – Bagnols-les-Bains et Mende, 1300’

16 mai 2020 – Lognes, 100mg

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