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Armèle MALAVALLON – Espèce de thriller

 

 

Le nouveau roman d’Armèle Malavallon fait encore parler d’elle, cette fois-ci non plus comme un espoir mais bien comme un talent confirmé de la littérature roman noir français.

Celle qui fût vétérinaire jusqu’à son basculement dans les lettres, nous a accordé cet entretien. Pas le choix de toute façon, à chaque fois qu’elle sort un bouquin, on en fait la promo.

Ton troisième roman La pire espèce est à nouveau marqué de références personnelles. C’est un process de création à ton écriture ou c’est juste ludique ?

Cela fait partie de mon processus de création. J’écris en m’inspirant du monde qui m’entoure, de mes proches, des lieux que je connais ou que je fréquente, comme la brasserie Le Dôme à Montpellier qui sert de décor à un chapitre de mon roman. Mes inspirations peuvent être très personnelles, mais cela peut tout aussi bien être une personne inconnue croisée dans la rue, une scène dont je suis le témoin ou un fait divers vu à la télévision ou dans les journaux. Tout peut m’inspirer, il n’y a pas de règles. Dans La pire espèce, je m’attaque à la maltraitance animale et les personnages principaux sont vétérinaires, comme moi, donc forcément c’est un livre qui me ressemble beaucoup avec un univers que je connais bien et un sujet qui me touche particulièrement. C’est de la fiction pure et pour autant, tout le roman est envahi par mon univers personnel, notamment celui des vétérinaires.

Encore une fois, on sent que tu t’es documentée sur certains aspects plus ou moins techniques dans ce roman. Est-ce que ce genre de recherche est exaltant ou bien un mal nécessaire à la crédibilité de ton histoire ? 

Étant une scientifique de nature, de formation et de religion (!), tout ce qui concerne les sciences et techniques m’intéresse beaucoup. Dans mes romans précédents, l’enquête policière tenait une place importante dans l’intrigue, je m’étais donc beaucoup documentée sur les procédures policières et la partie médecine légale qui me passionne. Pour La pire espèce, j’étais beaucoup plus à l’aise pour l’aspect technique, j’évoluais dans un domaine que je maîtrise, notamment le rôle des vétérinaires inspecteurs dans les abattoirs. J’ai néanmoins dû faire quelques recherches pour me remettre à niveau. C’est, comme tu le dis, nécessaire à la crédibilité de mon histoire, mais ce n’est pas un mal, c’est une partie que j’aime beaucoup lorsque j’écris, même si parfois, cela prend un peu de temps.

On a un petit passage sur l’agonie d’un torero dans ce livre. C’est un peu risqué étant donné la façon dont tu t’impliques dans tes recherches, mais un polar en milieu taurin, chez les gardois par exemple. Il y a un truc sympa à faire non ? 

Ha ha ! Tu veux ma mort ou bien ? Ton idée ne manque pas d’intérêt, mais je crois que je vais m’abstenir. J’ai dit ce que j’avais à dire sur le sujet. Dans La pire espèce, je prends clairement position contre la corrida. Je fais partie du collectif des vétérinaires contre la corrida, je suis pour qu’on interdise ce spectacle d’un autre âge qui consiste à torturer des animaux devant un public en liesse et qui ne vaut pas mieux, selon moi, que les jeux du cirque de l’Antiquité. Comme je le dis dans mon livre, ce combat est inégal. Le taureau est torturé (banderilles plantées dans les muscles dorsaux, coupe du ligament nucal pour l’empêcher de relever la tête) pour l’affaiblir avant sa confrontation finale avec le toréro. Il n’y a aucune grandeur à vaincre un animal dans ces conditions. Cela ne peut en aucun cas constituer pour moi un divertissement.

Tu dis dans une interview chez un confrère que tu n’es pas Léo de Laze, et Maud Langéral non plus ? 

Je ne suis ni Léo de Laze ni Maud Langevin (personnage de mon précédent roman Dans la peau, Langéral, c’est ta création, tu es détenteur du copyright !), ni aucun autre de mes personnages. Il est vrai que lorsque l’on considère le pedigree de Léo de Laze, une femme, vétérinaire et auteur de polars, sans enfants, qui vit à Montpellier avec ses chats et farouche défenseur de la cause animale, on peut légitimement s’interroger sur sa ressemblance avec moi, mais on peut aussi jouer au jeu des sept erreurs. Léo a dix ans de moins que moi, elle est célibataire alors que j’ai un joli mari, c’est une phobique sociale alors que je suis plutôt agréable en société et surtout c’est un auteur à succès qui écrit des best-sellers traduits dans le monde entier, ce qui (malheureusement) n’est pas tout à fait mon cas. Mon modèle pour Léo de Laze est plutôt à chercher du côté de Fred Vargas…

Léo de Laze sera-t-elle l’héroïne de ton prochain roman ? 

Non, je change encore d’univers pour mon prochain roman. J’essaye de me renouveler à chaque fois et d’inventer de nouveaux personnages. Ce sont eux qui font mes romans, plus que l’intrigue je crois. Par contre, ça se passera toujours à Montpellier. Après ma petite incartade parisienne pour Dans la peau, imposée par le personnage du tatoueur officiant à Paris, je suis revenue à Montpellier et j’ai bien l’intention d’y rester. J’aime situer mes histoires dans des endroits que je connais et Montpellier et la région Occitanie offrent d’excellents décors pour un roman. Et puis notre nouveau maire pourrait faire un sympathique personnage !

Propos recueillis par Pascal Portuguès

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