Le magazine d'actualités culturelles en Languedoc-Roussillon

ALEXANDRE HOLLAN

« L’invisible est le visible »

Par Julia Lemoine

Suite à la donation de plusieurs œuvres du peintre Hongrois Alexandre Hollan, le musée Fabre propose une rétrospective de son travail à découvrir jusqu’au 10 mars 2019. Cette exposition s’inscrit plus largement dans la collection du musée, axée sur le paysage du XVIIème siècle à nos jours. En effet, les œuvres d’Alexandre Hollan abordent le thème de la nature et plus globalement de la représentation de l’invisible. Idem a assisté à la visite commentée par Alexandre Hollan.

La nature au centre de son inspiration

Alexandre Hollan, né à Budapest en 1933, est venu s’installer à Paris en 1956 où il a suivi l’enseignement de l’école nationale supérieure des Beaux-Arts et celle des Arts Décoratifs. Depuis son enfance, l’artiste se questionne sur le visible et l’invisible car ce que l’on voit est minime par rapport à ce que l’on peux ressentir, il s’est ainsi demandé comment pouvait-il unir en lui ces deux antonymes. C’est par la nature que va se faire le lien et donner du sens à ce qu’il recherche intérieurement depuis toujours. Pendant près de vingt ans, Alexandre va sillonner l’Europe à bord de son « atelier-voiture » afin de puiser le vrai sens de la nature vivante. En 1962, c’est son voyage en Italie qui va être une révélation et qui va faire naître en lui une fascination pour le motif de l’arbre. Puis, c’est à partir de 1984, qu’Alexandre Hollan décide de vivre les prochaines saisons estivales à Gignac où il va trouver l’inspiration au milieu de la Garrigue.

Le dessin comme représentation de l’invisible

Les œuvres d’Alexandre Hollan tentent de restituer l’invisible des choses, qu’il semble si bien saisir dans la nature où se mêlent silence et sensations. Pour lui, l’arbre est une force incroyable dans la nature, l’énergie d’un arbre passe d’une branche à une autre, dessiner des arbres lui permet de rentrer dans cette danse d’énergies. Ainsi, cette captation de l’invisible permet de donner vie à des émotions et des ressentis essentiels à la compréhension de son œuvre.

Une exposition sur près de sept décennies de création

Avec cette donation, le Musée Fabre est le seul musée en France à avoir un fond aussi important des œuvres d’Alexandre Hollan. Cette rétrospective nous fait découvrir des œuvres créées entre 1953 et 2017, cela permet ainsi de voir toutes les facettes du parcours de l’artiste tant sur le fond que sur la forme. L’exposition s’ouvre sur la quête du sujet d’Alexandre Hollan, où l’on perçoit la relation entre la Nature et l’Homme à travers le motif du paysage. Par la suite, nous entrons dans sa période de réalisation « des vies silencieuses » qui émanent des natures mortes. En troisième partie, on retrouve la flore de la garrigue languedocienne, qu’Alexandre peint en captant l’énergie de l’arbre et son mouvement. Pour conclure l’exposition, nous retrouvons une collection d’œuvres aux motifs colorés qui saisit les états de l’arbre prit sur le vif, le temps d’une séance de travail. Au fil de l’exposition, on peut y voir une diversité des techniques de travail sur toile entre fusain, gouache et acrylique.

Exposition au Musée Fabre

Du 12 décembre 2018 au 10 mars 2019

http://museefabre.montpellier3m.fr/

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *