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ALBERT MARQUET

Albert Marquet, l’eau, la lumière

Apprécié pour ses vues sur mer subtilement colorées, le peintre français est tombé littéralement sous le charme de Sète. Le musée Paul Valery le lui rend bien. Maïthé Vallès-Bled, la directrice de publication et l’auteure du catalogue La Méditerranée, d’une rive à l’autre, retrace le fil conducteur de l’exposition.

Albert Marquet est né dans un port, le port de Bordeaux qui a marqué son enfance.

Il y contemplait l’océan, les va-et-vient des bateaux, l’encombrement des quais, les occupations des hommes. Ce sont ces mêmes éléments, conjuguant la présence de l’eau et l’activité humaine, qu’ils lui feront choisir la plupart de ses paysages, qu’il s’agisse des vues de la Seine, lorsqu’il était à Paris ou des paysages marins lorsqu’il était en voyage.

Découvrant la Méditerranée lors d’un premier séjour, en 1905, Marquet retrouve Manguin, Depuis, Camoin, Derain, Matisse.

C’est une véritable révélation, tant par l’éclat de la lumière et la présence de cette mer, si différente de l’océan, que la somptuosité des paysages. Il s’installe à Saint-Tropez, immédiatement séduit par le port, puis séjourne à Agay dans la baie de Saint-Raphaël, donnant plusieurs interprétations des roches rouges de l’Estérel, encore imprégnées de la simplification des formes et de l’expressivité du fauvisme malgré tout timide du peintre.

L’eau devient un sujet dominant dans sa peinture.

A Marseille, où il s’installe durant la Première guerre mondiale, après avoir été réformé, il peint de nombreuses vues du port, le plus souvent saisies à partir de la fenêtre d’un hôtel ou de celle d’un atelier loué à un ami. Il n’hésite pas à revenir sur les mêmes motifs évitant malgré cela toute répétition. C’est en effet l’authenticité d’un instant, la vibration du réel qui est restitué. La présence des bateaux, dont la verticalité des mats scande la composition, la diagonale ou l’horizontal d’un quai au premier plan, qui suggèrent la profondeur, les silhouettes sur les quais, tout concourt à doter chaque tableau d’une atmosphère particulière, soutenue par une harmonie chromatique, souvent des camaïeux. Le plus souvent, l’horizon est fermé par une vue sur la ville ou par les bâtiments du port.

Été 1924, en compagnie de ses amis Depuis et Camoin, il longe les Pyrénées pour rejoindre la Côte d’Azur.

A cours d’une halte à Sète, il est séduit par la ville. Il décide de s’y installer laissant ses amis poursuivre leur voyage sans lui. Il loue une chambre au Grand Hôtel, peint de sa fenêtre le Canal de Beaucaire, le Canal Royal. Il se rend sur le port, enthousiasmé par la variété des points de vue qui s’offrent à lui…

Par Patricia Bussy

Jusqu’au 3 novembre 2019 au Musée Paul Valéry
Rue François Desnoyer – 34200 Sète.

http://museepaulvalery-sete.fr

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