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DÉCROHNONS UN PEU EN ATTENDANT LA MORT…

Ah que jeudi tout

Au moment d’écrire cette chronique, un nouveau confrère s’apprête à sortir son deuxième numéro : l’hebdo d‘informations montpelliérain Jeudi Tout. Si ça me semble plutôt être une bonne nouvelle pour la pluralité de l’information – le titre se revendique vouloir pimenter l’info – j’ai l’impression que d’autres de nos confrères ne voient pas d’un très bon oeil l’arrivée de ce “concurrent”.  Il faut dire que l’hebdo se positionne un peu frontalement en face de l’un d’entre eux en particulier, La Gazette de
Montpellier, pour la citer, et qu’il faut aussi dire les choses comme elles sont, nos amis de la Gazette considèrent un peu la “surdouée” comme leur pré carré. Alors un hebdo d’infos locales qui sort en kiosques le jeudi (le même jour que la Gazette de Montpellier), ça renifle un peu du crime de lèse-majestée quand même.

Pour autant, est-ce que les êtres humains qui créent la Gazette chaque semaine sont fondamentalement contre la liberté et la diversité de la presse ? Bien évidemment non, mais alors que cache cette agressivité un peu gratuite bien que l’hebdo soit vendu 1 euro ? Comme souvent, il s’agit là d’une réminiscence ancestrale de survie : touche pas à ma gamelle en sorte. Mais ne vous méprenez pas sur la métaphore de la gamelle : ici ce n’est pas de lectorat dont je veux parler mais bel et bien d’annonces publicitaires.

Pour comprendre, il faut se plonger dans un article d’un autre de nos confrères, présent sur internet seulement, mais c’est déjà pas mal : Montpellier Journal. En 2009, le chiffre d’affaires publicité des Gazettes (on ajoute celles de Nîmes et de Sète) est d’environ 2 millions euros. Le résultat net (bénéfice) de la société porteuse des titres est  de 68 000 euros (source : societe.com). Autant dire que sans pub, adios les Gazettes et avec moins de pub adios les bénéfices.

Histoire d’être très clair, je tiens à ajouter que sans pub vous pouvez aussi dire adieu au magazine que vous tenez entre les mains, ainsi qu’à une très grosse partie de la presse actuelle (la totalité peut-être) et que mon propos, même s’il se veut quelque peu sarcastique envers nos confrères Gazetiers, n’est pas pour autant une critique de leur modèle économique. Il s’agit juste ici de pointer une malveillance déplacée et hypocrite envers un confrère qui n’a même pas eu le temps de sortir un numéro qu’il est déjà cloué au pilori. Pour ma part, j’attendrai quand même quelques numéros avant de faire mon jugement.

Quant à la formulation du titre de cette chronique c’est une petite référence aux répliques
télévisées de l’avatar guignolesque de M. Smet dit “Johnny Hallyday” qui s’est récemment produit dans notre Arena locale. On ne reviendra pas sur les quelques 9 millions d’euros qu’il doit au fisc français, ou alors une prochaine fois faute de place, mais le clin d’oeil (le nôtre pas le sien il ne peut plus faire de clin d’oeil suite à une surtension de l’épiderme facial qui lui interdit toute flexibilité) méritait d’être fait.

Pour conclure, longue vie à Jeudi tout, longue vie aux Gazettes et longue vie aux autres aussi et puis voilà. Qui a dit que je pouvais pas être gentil des fois ?

 

 

P. Portuguès

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